Facebook : une femme a signalé à plusieurs reprises une vidéo porno explicite et elle est restée en ligne

Facebook se retrouve une nouvelle fois au cœur d’une vive polémique, sur fond de modération bancale. Isabelle, une utilisatrice de la plateforme, a en effet signalé à plusieurs reprises une vidéo porno explicite, sans le moindre effet. La séquence est restée en ligne.

Facebook a souvent la main lourde en matière de modération et il n’est ainsi pas rare de voir disparaître des publications parfaitement légitimes de la célèbre plateforme, sans la moindre raison particulière.

Oups

La semaine dernière, le service a ainsi fait disparaître une série de cartes de vœux stylisées représentant de simples et banals animaux.

Facebook et la modération, it’s complicated

L’affaire avait été largement médiatisée et Facebook avait fini par faire marche arrière en présentant ses excuses, mais cette anecdote avait valu une fois de plus de vives critiques à l’entreprise américaine.

Cette nouvelle affaire ne plaide malheureusement pas en sa faveur.

Isabelle a en effet été confrontée à une situation totalement ubuesque au début du mois.

Tout est parti d’une simple demande de mise en contact, une demande envoyée par un certain Andy Lafontaine. Intriguée, l’assistante maternelle a été visiter le profil de l’homme pour déterminer si elle le connaissait et elle est alors tombée sur une vidéo très explicite mettant en scène un couple en train de s’adonner à un acte sexuel.

Facebook, comme chacun le sait, applique une politique très stricte en matière de nudité. Les conditions d’utilisation de la plateforme interdisent en effet aux internautes de partager des photos ou des vidéos laissant entrevoir des poitrines féminines ou des organes génitaux.

Isabelle est tombée sur une vidéo porno explicite en visitant un profil

Choquée par le contenu de la séquence, Isabelle a donc immédiatement signalé la vidéo pour nudité. Elle s’attendait bien évidemment à la voir disparaître du profil de l’homme, mais tout ne s’est pas passé exactement comme prévu et la femme a ainsi reçu un peu plus tard une réponse signée des modérateurs du service, une réponse disant en substance que le contenu signalé n’enfreignait pas les standards de la communauté.

Isabelle a commencé par penser que la vidéo avait été supprimée en amont par l’internaute, mais elle a rapidement constaté que ce n’était pas le cas en se rendant une nouvelle fois sur sa page.

Elle a donc fait un nouveau signalement et elle a demandé à son compagnon d’en faire autant de son côté. Encore une fois, leur demande n’a pas eu l’effet escompté et la même réponse automatique leur est ainsi parvenue.

Passablement agacée par l’inaction de Facebook, Isabelle a donc contacté la division belge de RTL. Nos confrères ont immédiatement mené une enquête et ils ont constaté à leur tour que la vidéo pornographique était toujours présente sur le profil de ce mystérieux internaute.

Sur Facebook, ce sont de vraies personnes qui se chargent de la modération des contenus

En poussant plus loin leurs investigations, ils ont également réalisé que la vidéo avait été postée le 30 octobre et que la page laissait apparaître des dessins et des photos à caractère pornographique.

RTL a donc envoyé un courriel à une des porte-paroles de Facebook pour avoir son point de vue sur la question. Elle s’est bornée à rappeler les conditions d’utilisation fixées par la plateforme en expliquant que les techniques de modération utilisées étaient perfectibles. La vidéo a ensuite disparu un peu plus tard, comme par enchantement.

Toutefois, cette mésaventure a au moins permis à nos collègues d’en apprendre un peu plus sur les mesures prises par la plateforme.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la modération des contenus partagés sur le service n’a pas été confiée à une intelligente artificielle et ce sont donc de vraies personnes qui épluchent les publications signalées afin de déterminer si elles dérogent ou non aux conditions d’utilisation fixées par la plateforme. La surveillance s’effectue 24 heures sur 24 avec plusieurs roulements et le nombre de signalements n’influe pas sur la durée de traitement de la demande. Tous les contenus signalés sont ainsi traités de la même manière et avec le même degré d’urgence.

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