Facebook utilisera les données collectées via Portal à des fins de ciblage publicitaire

Facebook a fini par admettre que les données récoltées par le biais de Portal seront utilisées à des fins de ciblage marketing. Les annonceurs habituels ou potentiels du groupe y voient certainement un outil prometteur pour mieux vendre leurs produits ou leurs services. De leur côté, avec ce changement de discours de la plateforme, les utilisateurs potentiels de l’enceinte de la marque sont mis devant le fait accompli.

Ou presque. Lors de l’annonce, personne n’a vraiment cru en la promesse de Facebook de ne pas exploiter commercialement les données des utilisateurs de l’appareil.

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Le modèle économique de l’entreprise repose en effet sur les annonces publicitaires ciblées. Les publicités influent même sur la valeur boursière du groupe et il paraissait donc illogique que la société ne cherche pas à exploiter ces fameuses données.

D’une certaine manière, le réseau social préfère dévoiler ses intentions plutôt que ce soit fait par des lanceurs d’alerte ou des journalistes. Un choix compréhensible compte tenu de son passif.

L’appel vidéo, un marché en pleine expansion

Concrètement, Portal est un écran doté d’une intelligence artificielle.

La conception de ce dispositif s’inscrit dans la continuité d’autres programmes ambitieux, notamment depuis le rachat d’Oculus en 2014.

Andrew Bosworth est le vice-président des équipements de consommation de Facebook. À l’époque, le responsable a tenu à expliquer le choix de l’entreprise californienne de concevoir en interne des équipements grand public : « Les appels vidéo ne cessent d’augmenter, sur Messenger et sur Whatsapp. Pourtant, les équipements actuels, sur téléphone ou sur ordinateur, sont trop limités. Nous avons donc réalisé que nous devions construire nos propres appareils. »

Un lancement en pleine tourmente

L’affaire Cambridge Analytica laisse cependant des traces et ces dernières ne plaident pas spécialement pour la réputation de Facebook.

C’est Mark Zuckerberg en personne qui a annoncé au grand public que les données de 80 millions d’utilisateurs ont été subtilisées par l’agence britannique. Pour ne rien arranger, cette action a favorisé les opérations de désinformation lancées durant les présidentielles américaines de 2016.

La défiance d’une partie du public et les pressions du Congrès américain ont obligé la firme à prendre des mesures drastiques. Pour contrecarrer l’amplification des campagnes de désinformation, surtout à l’approche des élections de mi-mandat, plusieurs centaines de comptes ont été fermés.

Le réseau social a aussi mis en place aussi une « structure de commandement » pour prendre les décisions qui s’imposent face aux contenus visant à dissuader les électeurs de voter.

Ceci étant, Facebook ne compte pas cesser d’exploiter nos données et c’est précisément ce que prouvent les dernières déclarations du groupe.

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