Facebook : « Vos conditions d’utilisation craignent » estime un sénateur face à Mark Zuckerberg

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a été entendu hier par le Congrès américain au sujet de l’affaire Cambridge Analytica. Au cours d’une audition ayant duré plusieurs heures, le jeune CEO a eu l’occasion de répondre aux nombreuses questions des sénateurs présents, tout en faisant face à des remarques parfois acerbes. Si les échanges sont bien sûr restés cordiaux, certaines remarques ne sont pas passées inaperçues. Parmi celles qui marqueront probablement les esprits au lendemain de l’événement, la prise de parole du Sénateur Républicain John Kennedy se place sans mal en pole position.

Avec un accent digne des meilleurs Westerns, le sénateur de Louisiane n’a pas hésité à critiquer sans le moindre détour les conditions générales d’utilisation de Facebook. Un franc-parler qui n’a pas manqué de faire rire une bonne partie de l’auditoire… et de faire sourire Mark Zuckerberg lui même.

Mark Zuckerberg a dû répondre aux questions des sénateurs, hier, lors d’une audition face au Congrès des États-Unis. Si les échanges ont été tantôt vifs, tantôt amusants, certains se sont avérés étonnants… de par leur ton.

Commençant par indiquer à Mark Zuckerberg qu’il venait en paix, mais qu’il était passablement déçu de la teneur de l’audition, le Sénateur Kennedy a pris la défense des utilisateurs en estimant que les conditions générales d’utilisation du réseau social n’étaient pas là pour informer les usagers de leurs droits, mais plutôt pour couvrir les arrières de Facebook.

Un échange amusant, mais assez peu concluant…

« M. Zuckerberg, je viens en paix. Je ne souhaite pas avoir à voter en faveur d’une régulation de Facebook, mais [si j’y suis forcé] je le ferai. À vrai dire cela dépend de vous. Je suis un peu déçu par l’audition d’aujourd’hui, j’ai l’impression que nous ne sommes pas sur la même longueur d’onde » a déclaré John Kennedy avant d’enchaîner avec l’une des belles punchlines de l’audition.

« Voici ce que tout le monde cherche à vous dire aujourd’hui, et je vais vous le dire gentiment : vos conditions d’utilisations craignent. Vous pouvez m’accuser d’avoir un QI de 75 (…) mais si je peux comprendre ça alors vous aussi vous pouvez le comprendre. Le but de vos conditions d’utilisation est de couvrir les arrières de Facebook et non d’informer vos utilisateurs de leurs droits. Vous le savez, et je le sais ».

Comme le soulignait TechCrunch hier soir, la charge de John Kennedy aura toutefois été vaine. D’une part parce que les connaissances du sénateur à propos de Facebook étaient visiblement assez minces, d’autre part parce que la question avait déjà été abordée auparavant et que la remarque du politicien se heurtait à un Mark Zuckerberg logiquement assez fatigué par une audition de plusieurs heures…

Il faudra voir si la remarque du sénateur a malgré tout été prise au sérieux par Facebook. Mais de ce côté rien n’est moins sûr.