Faut-il enseigner la mort à l’école ? Une étude relance le débat !

La mort fait partie intégrante de la vie, une évidence que personne ne peut nier. Pourtant, dans nos sociétés occidentales, le sujet reste l’un des plus grands tabous. En effet, on ne l’évoque que très peu. On la repousse, jusqu’à ce qu’elle nous rattrape de plein fouet lors du deuil d’un être cher…

Concept de la mort
Concept de la mort -Crédits 123rf.com

Mais que se passerait-il si, dès le plus jeune âge, on nous apprenait à apprivoiser cette réalité inéluctable ? C’est la question que soulève une récente étude menée par la professeure Ines Testoni de l’Université de Padoue.

Apprendre à mieux vivre les deuils

Selon Mme Testoni qui milite activement pour une “éducation à la mort” dès l’école, cette approche permettrait aux jeunes d’être mieux armés pour traverser les deuils, plutôt que de s’accrocher désespérément aux liens rompus.

“Trop souvent, on se raccroche aux relations avec les défunts de manière malsaine, par le déni ou l’idéalisation”, explique la chercheuse. “Une éducation sur la mort dès l’enfance aiderait à mieux accepter cette étape, à la vivre de manière plus sereine.”

Son plaidoyer fait d’ailleurs écho à de nombreux spécialistes qui s’inquiètent des conséquences d’un déni ambiant de mort sur la santé mentale.

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Démystifier un sujet sensible

Bien que sensible, le sujet de la mort n’a rien d’un territoire interdit pour les enfants, selon les experts. “Ils y sont confrontés très tôt à travers les contes, les dessins animés, les jeux vidéo”, souligne Testoni. “Autant alors l’aborder de manière pédagogique plutôt que de laisser ces représentations les modeler.”

L’objectif ne serait pas d’angoisser les élèves, mais bien de démystifier ce phénomène naturel, d’en explorer les aspects philosophiques, spirituels, culturels et même de les préparer aux rites funéraires…

“Cela leur donnerait des clés pour mieux vivre les deuils quand ils surviennent, au lieu de sombrer dans le déni ou la dépression”, insiste la professeure.

Intégrer des modules dès le primaire

Concrètement, Testoni préconise d’intégrer des modules sur la mort dès l’école primaire, de manière progressive et adaptée à chaque âge. “On pourrait par exemple aborder la mort dans la nature au CP, puis la mort humaine au CE1, et ainsi de suite”, détaille-t-elle.

Au collège et au lycée, l’enseignement pourrait se complexifier, avec des réflexions sur le deuil, la souffrance, les rites funéraires selon les cultures, ou encore les questions d’éthique autour de la fin de vie.

Un programme complet, qui selon Testoni, “permettrait aux jeunes d’être mieux préparés à cette étape inévitable, pour la vivre de manière plus apaisée”.

Le débat relancé

Si l’idée peut sembler iconoclaste, elle n’est pas nouvelle. Déjà dans les années 1970, des voix s’élevaient pour intégrer la mort aux programmes scolaires. Mais le concept avait fait long feu, jugé trop anxiogène pour les enfants.

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Aujourd’hui, la proposition de Testoni relance le débat. Faut-il vraiment aborder un sujet aussi lourd dès le plus jeune âge ? Ou bien vaut-il mieux préserver l’insouciance de l’enfance ? Dites nous ce que vous en pensez en commentaires !

SOURCE : IFLScience

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