Il y a 4 000 ans, des femmes dirigeaient peut-être la société El Argar

Une récente découverte effectuée sur le site de La Almoloya, dans la province de Murcie, en Espagne, suggère que des femmes pourraient avoir dirigé la société dans cette région durant l’âge de bronze. La découverte a été publiée dans la revue Antiquity le 11 mars dernier, et elle montre un visage encore inconnu de la société El Argar qui avait vécu dans cette zone par le passé.

Cela fait maintenant plusieurs années que des fouilles archéologiques sont effectuées sur le site funéraire de La Almoloya. Au cours de leurs recherches, les scientifiques ont découvert des ossements humains appartenant à un homme et à une femme et qui datent de 4 000 ans environ. Les os ont été retrouvés avec d’autres objets funéraires qui peuvent indiquer que les deux personnes faisaient partie de l’élite dans la société argarique.

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Selon les informations,  entre 2 200 et 1 550 avant Jésus Christ, la région Sud-est de l’Espagne était dominée par la culture d’El Argar.

Une dirigeante durant l’âge de bronze

Suite à des analyses ADN, les scientifiques ont pu déterminer que l’homme et la femme n’avaient pas de lien de parenté. Ils ont ainsi supposé que les deux pouvaient être mari et femme. D’autre part, selon le rapport publié par l’hebdomadaire britannique New Scientist, une petite fille a également été enterrée non loin de l’endroit où ils ont été découverts et il pourrait s’agir de leur fille. Un lien de filiation direct a d’ailleurs été établi.

Beaucoup d’objets funéraires ont été découverts avec les deux corps et la majorité de ces objets se trouvaient avec le corps de la femme. Parmi les objets, il y avait des boucles d’oreilles, des bracelets ainsi que d’autres types de bijoux. Cependant, les archéologues ont trouvé un objet très intéressant qui pourrait prouver que la femme de 25 à 30 était peut-être une dirigeante avant sa mort. L’objet en question était un diadème en argent placé sur sa tête.

Une importante découverte

D’après le journal espagnol La Vanguardia, les sociétés étaient exclusivement patriarcales au cours de cette époque. Quatre autres diadèmes ont déjà été découverts sur le site d’El Argar au XIXème siècle. En étudiant le diadème trouvé récemment, et en le comparant avec les quatre autres, les scientifiques ont conclu qu’il s’agissait tous de « pièces exclusives ».

« C’étaient des objets symboliques fabriqués pour ces femmes, faisant d’elles d’éminentes figures de la classe dirigeante », a déclaré Cristina Rihuete Herrada de l’Université autonome de Barcelone et qui a également participé aux recherches.

Les chercheurs ont aussi indiqué que l’homme était probablement un guerrier. Plusieurs éléments pourraient en effet le prouver. Par exemple, il a été enterré avec une dague et son corps présentait plusieurs blessures montrant qu’il avait beaucoup monté à cheval. Sur son crâne, on pouvait également observer la trace d’une lésion qui avait déjà cicatrisé assez longtemps avant sa mort.

Mots-clés archéologie