Les feux de forêts peuvent être très dangereux pour notre santé, et pas comme vous le pensez

Chez de nombreuses personnes, l’inhalation de fumée peut provoquer des réactions allergiques ou des maladies pulmonaires comme l’asthme, notamment à cause des minuscules particules qui proviennent de la combustion du bois et de nombreux autres matériaux. Mais il se pourrait que ces problèmes si bien connus ne soient pas les seuls à survenir lorsqu’on respire de la fumée, surtout si celle-ci provient de feux sauvages comme les feux de forêt par exemple. Une nouvelle étude publiée dans Science Magazine suggère en effet que la fumée des feux de brousse pourrait également véhiculer de nombreuses espèces de microorganismes susceptibles de constituer une source de maladies infectieuses.

Selon l’article, les feux de brousse, en brulant les végétaux et les matières animales, exposent des milliers d’espèces de bactéries et de champignons. En général, ces dernières ne peuvent pas se propager facilement dans l’air mais à cause de l’incendie, elles peuvent parcourir des milliers de kilomètres en s’accrochant aux particules contenues dans la fumée. 

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Si la plupart des êtres vivants ne peuvent résister au feu, une étude citée dans l’article a révélé que certaines bactéries sont capables de survivre et même de se multiplier après un incendie.

Les maladies fongiques augmentent avec le taux des feux de forêt

A l’heure actuelle, il n’existe encore aucune étude qui permette d’affirmer que la fumée propage réellement des maladies infectieuses au sein de la population humaine. Cependant, les scientifiques qui ont participé à cette dernière étude pensent que ce n’est pas impossible. Selon eux, dans certaines régions, l’accroissement du nombre de cas de maladies fongiques a coïncidé avec l’augmentation de la quantité de fumée issue des feux de forêt. Ils ont appelé ce phénomène « chevauchements incontestables ».

Le CDC (Centers for Disease Control and Prevention) des Etats-Unis a également annoncé que les risques pour les pompiers de contracter la fièvre de la vallée étaient plus élevés. Notons que cette infection est causée par l’absorption d’une espèce de champignon qui se trouve dans le sol.

De son côté, Peter Chen, directeur de la Division of Pulmonary and Critical Care Medicine du Cedars-Sinai Medical Center qui se trouve à Los Angeles, a déclaré qu’un grand nombre de bactéries et de champignons ne provoquaient pas d’infection pulmonaire. Il a cependant indiqué que l’inhalation d’une quantité importante de ces microorganismes pourrait effectivement aggraver les symptômes d’une maladie pulmonaire préexistante chez une personne. 

Certaines populations seraient plus exposées que d’autres

Pour Kelsey Jack, professeur associé en économie de l’environnement et du développement à l’Université de Californie, Santa Barbara, et coprésident du groupe pour le climat à l’Abdul Latif Jameel Poverty Action Lab, l’article soulève une menace alarmante pour la santé.

Selon lui, les populations à faible revenu seraient les plus menacées car elles sont plus exposées à l’environnement. De plus, dans les pays en développement, les maladies respiratoires constituent l’une des principales causes de décès chez les enfants et les personnes âgées. Jack pense ainsi qu’il est important de faire des recherches sur l’éventuelle présence de microbes infectieux dans les fumées issues des feux de cuisson ou encore des feux de champs et déterminer s’ils sont aussi nombreux que ce que l’on retrouve dans les fumées des incendies de forêt. Si c’est le cas, il faudrait aussi voir si ces microbes provoquent des maladies auprès de ces populations.

Selon le docteur Chen, en attendant, le meilleur moyen de se préserver des possibilités d’infection par la fumée serait de suivre les conseils recommandés en cas de mauvaise qualité de l’air, c’est-à-dire ne pas sortir et veiller à garder les portes et les fenêtres fermées. Il faut également mettre en marche la climatisation et utiliser des filtres HEPA pour ceux qui en ont les moyens.