Finalement, le Sahelanthropus tchadensis ne serait pas l’un de nos ancêtres

Vous connaissez sûrement le Sahelanthropus tchadensis sous son surnom Toumaï. Le fossile, découvert dans le désert de Djourab au Nord Tchad en 2001 par Alain Beauvilain et trois autres chercheurs Tchadiens a fait l’objet de controverses depuis qu’on l’a trouvé il y a maintenant une vingtaine d’années.

Les restes fossilisés de ce spécimen ont en effet été assimilés à celui d’un individu bipède, ce qui a conduit les paléontologues à le considérer comme un hominidé. Et d’après les études réalisées par Michel Brunet, un autre chercheur, ce spécimen âgé entre environ 6,8 millions et 7,2 millions d’années était un de nos plus vieux ancêtres.

Photo d'un crâne

Photo d’Eliane Meyer. Crédits Pixabay

De nouvelles découvertes viennent toutefois contredire cette thèse. En effet, une récente étude menée par une équipe de chercheurs français, italiens et américains remet en question le fait que ce spécimen marchait debout. Ces chercheurs apportent ainsi la preuve que le Sahelanthropus tchadensis serait plutôt un ascendant des singes plutôt qu’un hominidé.

Les conclusions de cette étude qui s’est focalisée sur l’os de la jambe de Toumaï ont été publiées dans le Journal of Human Evolution.

Des conclusions qui n’ont pas fait l’unanimité chez les paléontologues

Pour affirmer que Sahelanthropus tchadensis était un hominidé, Brunet et son équipe se sont basés sur l’étude de la face et de la base du crâne du spécimen, notamment le positionnement du trou occipital ainsi que sa face occipitale. Ils se sont également penchés sur ses dents, particulièrement pour ce qui est de la taille des canines et la morphologie de ses prémolaires et molaires.

Ils ont ensuite réalisé une reconstruction en 3D du crâne, et ont observé plusieurs caractères anatomiques qui ne sont rencontrés que chez des hominidés bipèdes. Jusque-là, l’hypothèse selon laquelle était bipède semblait scientifiquement plus ferme que d’autres. Toutefois, elle devait être confirmée par la description des os des membres du spécimen.

Mais comme le travail de Brunet n’a pas été soumis à l’examen par ses pairs et qu’il a également refusé d’autoriser l’accès aux restes fossilisés, ses conclusions n’ont pas pu être validées par d’autres chercheurs sur le terrain.

Toumaï ne serait finalement bi un bipède ni un hominidé

Plus récemment, les chercheurs ont finalement pu étudier le fémur gauche partiel déterré il y a 19 ans à Toros-Menalla (Tchad), près du site où le Sahelanthropus tchadensis a été découvert et qui, d’après les chercheurs, ne pourrait appartenir qu’à ce spécimen.

Les résultats de l’analyse fonctionnelle suggèrent que le reste fossilisé ne provenait pas d’une créature bipède, mais plutôt d’une autre espèce qui avait l’habitude de marcher à quatre pattes, à la manière des singes et les gorilles.

En outre, l’étude de la dentition a révélé que les restes fossilisés pourraient appartenir à une petite femelle singe. Ce qui suggère que la taille des dents et leur morphologie, des caractéristiques primordiales dans la thèse de Brunet et de ses collègues ne suffisent pas pour prouver que ces restes étaient bien ceux d’hominidés.

Ce qui revient à dire que finalement, le Sahelanthropus tchadensis ne serait pas l’un de nos ancêtres.

Mots-clés paléontologie