Fleur Pellerin veut s’attaquer au portefeuille des éditeurs de sites pirates

Fleur Pellerin a trouvé une nouvelle manière de combattre le téléchargement illégal. En développant l’offre légale ? En améliorant notre pouvoir d’achat ? Non, pas du tout. Sa stratégie est même à l’opposée puisqu’elle veut s’attaquer au portefeuille des éditeurs de tous ces sites qui proposent aux internautes de télécharger des films, des séries et de la musique. Entre autres choses.

Et pour mener à bien cette délicate opération, la Ministre de la Culture a trouvé une arme particulièrement redoutable, soit… tenez vous bien… une charte définissant les bonnes pratiques dans le secteur de la publicité.

Charte Fleur Pellerin

Fleur Pellerin a trouvé une arme redoutable pour lutter contre le piratage : la charte.

Elle a été présentée en début de semaine aux annonceurs et aux régies publicitaires ayant pignon sur rue sur le réseau des réseaux. Tout le monde l’a signé, bien sûr, mais ce n’est que la première étape du plan.

Un plan en deux étapes, avec du blocage à la fin

A présent, le gouvernement et les autorités compétentes vont effectivement devoir s’attaquer à la constitution d’une liste noire présentant tous ces sites. Une liste qui sera ensuite transmise aux régies publicitaires. Ces dernières pourront alors désactiver leurs campagnes, asséchant par la même occasion la principale source de revenu de ces sites.

Fleur Pellerin ne compte pas en rester là. Elle travaille effectivement sur une autre charte qui sera présentée avant l’été aux sociétés présentes sur le segment du paiement en ligne. L’idée étant évidemment d’empêcher les propriétaires de ces sites litigieux de toucher le moindre centime.

Comme si cela ne suffisait pas, la Ministre et ses équipes sont aussi en train de travailler sur un dispositif visant à bloquer tous les sites jugés comme étant litigieux ou illégaux. Comment ? Toute la question est là et on ne sait pas encore si la justice (la vraie) aura son mot à dire.

Après les sites terroristes, le gouvernement français a donc décidé de partir en guerre – plutôt en croisade – contre le téléchargement. Il est visiblement prêt à utiliser les mêmes outils, et à s’assoir par la même occasion sur la neutralité du Net et sur toutes les valeurs associées.

Le plus drôle, c’est que ces mesures ne serviront pas à grand chose, en réalité. Si cette charte risque de donner des sueurs froides aux éditeurs des sites spécialisés dans le DDL (Direct Download), elle n’aura strictement aucun impact sur Popcorn Time et toutes les solutions du même genre.

On le dit et on le répète depuis des années mais le seul moyen de lutter efficacement contre le piratage, c’est de soutenir l’offre légale et de proposer des solutions adaptées aux envies et aux besoins des internautes. Des solutions qui rendront le téléchargement complètement inutile.

Je pense notamment à Spotify, Deezer et tous les autres puisqu’ils ont fait rentrer des millions de personnes dans le rang.

Plutôt que de travailler sur ces chartes, donc, Fleur Pellerin aurait peut-être mieux fait de s’attaquer à la chronologie des médias. Cette même chronologie qui empêche Netflix de trouver ses marques en France.

Mais là, bien sûr, il aurait fallu s’attaquer au portefeuille des lobbies et des grands groupes français. Pas folle, la guêpe.

Si le sujet vous intéresse, sachez que la charte en question est disponible à cette adresse.

Mots-clés web