Four Chambers, ou lorsque le porno rencontre l’art

Four Chambers n’est pas un studio de production comme les autres. Il pense en effet que le porno et l’art ne sont pas forcément incompatibles et il réalise donc des films pour adultes à vocation artistique.

Four Chambers était un collectif avant d’être un studio. Lancé en 2013 par deux amies, il avait pour but de faire entrer la pornographie dans une nouvelle dimension en offrant aux consommateurs des films réalistes à l’esthétique léchée.

Four Chambers

Ce n’est pas vraiment une révélation, mais la pornographie est très présente en ligne. Il suffit désormais d’une simple recherche bien sentie pour trouver des centaines de milliers de pages diffusant des contenus coquins.

Four Chambers, le porno éthique et artistique

Seul problème, ces contenus manquent cruellement de réalisme et ils offrent par conséquent une vision biaisée (il ne fallait pas l’oublier ce « i ») de notre sexualité et – par extension – de notre rapport à l’autre. Pire, dans certains cas, ces photos et ces vidéos peuvent même nuire à notre libido et nous empêcher ainsi de vivre pleinement notre désir.

Plus tôt dans l’année, Matthew Christman et son équipe ont ainsi mené une étude de longue haleine auprès de plusieurs centaines de personnes afin de déterminer l’impact réel des contenus pornographiques sur leur libido. Après avoir compilé leurs réponses et leurs remarques, ils ont fini par découvrir que les hommes regardant fréquemment ces contenus avaient tendance à souffrir d’un manque de désir pouvant se traduire dans certains cas par des problèmes d’érection.

Four Chambers ne fonctionne pas comme les autres studios du secteur.

Le collectif cherche en effet à aborder la pornographie avec un regard plus réaliste et plus sensuel. Il fait aussi souvent appel à des techniques visuelles proches de celles du cinéma traditionnel. Chaque film devient ainsi un tableau artistique unique où les corps s’entremêlent. L’acte sexuel est présent, bien entendu, mais la mécanique et la technique laissent place au charnel et à la passion.

Un système de financement participatif

Pour atteindre cet objectif, Four Chambers a mis en place des process bien spécifiques. Si les films produits par les soins du collectif reposent tous sur un scénario établi, les acteurs sont entièrement libres d’aborder les scènes comme ils l’entendent. On ne leur impose jamais un acte ou une position. Mieux, lorsque le montage est terminé, une copie est automatiquement envoyée aux acteurs et aux actrices. Ces derniers peuvent même apporter leur contribution en changeant ou en supprimant ce qui ne leur plaît pas.

Le studio a aussi opté pour un modèle économique différent, un modèle économique assez rare dans cette industrie : le financement participatif.

Four Chambers est en effet à la tête d’un Patreon et les personnes souhaitant débloquer les versions longues des films doivent ainsi verser 9 $ au collectif par vidéo. Il semblerait d’ailleurs que cette méthode porte ses fruits puisque le collectif lève un peu plus de 21 000 $ par vidéo.