France : Nokia va quand même supprimer des postes malgré ses engagements

Nokia a annoncé qu’il allait supprimer 597 postes en France. Le fabricant de smartphones s’était pourtant engagé il y a deux ans à y maintenir au moins 4 200 emplois jusqu’à fin 2017. L’annonce a été faite le lundi 2 octobre 2017. La vague de licenciement devrait prendre effet d’ici « une dizaine de jours » ont annoncé les représentants syndicaux après une réunion tripartite avec la direction de Nokia et Benjamin Griveaux, le secrétaire d’État à l’Économie.

Durant cette réunion qui s’est tenue à Bercy, Nokia a assuré qu’il allait maintenir son engagement concernant les 4 200 emplois prévus, dont 2 500 dédiés au secteur de recherche et développement (R&D). La firme finlandaise reste cependant ferme quant à la suppression des postes à la grande déception des syndicats qui avaient espéré que la réunion puisse aboutir à un accord sur le sujet.

Nokia MIKA

Pour beaucoup, la situation est inacceptable, d’autant que Nokia avait reçu un crédit d’impôt de recherche de 65 millions d’euros. La société semble pourtant l’utiliser pour licencier et non l’inverse.

Une réunion décevante pour les syndicats

En 2015, l’engagement de Nokia a été très clair : « Pas de suppression d’emplois tant que l’objectif des 4 200 emplois n’aura pas été atteint et (…) 2 500 emplois en R&D avant la fin de l’année 2018. » Le principal concerné a assuré que la France restera toujours une priorité en ce qui concerne les postes R&D.

Le groupe va d’ailleurs bientôt recruter près de 500 ingénieurs pour grossir son département de recherche et développement.

Les syndicats sont quand même très déçus quant aux points abordés pendant la réunion. Ils avaient effectivement espéré que la marque se laisse convaincre de supprimer moins d’emplois en France, mais aussi de prendre en compte les départs volontaires.

La réunion n’a cependant porté que sur les engagements de la société, et non sur le licenciement de masse qu’elle prévoit.

Les postes supprimés seront délocalisés

Autre point qui fâche : « les deux tiers des postes visés sont délocalisés dans des pays d’Europe de l’Est, essentiellement en Hongrie et en Bulgarie », a révélé Claude Josserand, délégué syndical central CGT, lors d’un entretien avec le Parisien.

Parmi les métiers les plus touchés, il y a ceux en rapport avec le support technique aux clients, le passage de commandes complexes ou encore la maintenance.

Le gouvernement a assuré que la discussion n’allait pas s’arrêter là et que Nokia sera tenu de respecter « scrupuleusement » ses engagements. Les dirigeants du pays sont d’autant plus obligés de s’impliquer sérieusement dans l’affaire, car en 2015, c’était Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, qui avait conclu cet accord avec le célèbre fabricant de téléphones mobiles.

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