Fukushima : le Japon va relâcher les eaux radioactives dans la mer

Alors que la pollution environnementale à travers le monde atteint un point vraiment critique, le Japon compte en rajouter une couche. Le pays envisage en effet de libérer les eaux radioactives de Fukushima-Daiichi dans la mer ou dans les airs.

Lundi 23 décembre 2019, le ministère de l’Économie et de l’Industrie a proposé de libérer ou d’évaporer progressivement d’importantes quantités de déchets liquides dans le Pacifique.

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Le ministère a déposé un document détaillé dans lequel il propose une « libération contrôlée » des eaux radioactives. Le document affirme qu’en combinant plusieurs méthodes spécifiques, les eaux vont s’évaporer dans l’air sans présenter de risque pour l’environnement.

La seule solution viable ?

Au début, le ministère avait proposé de stocker les eaux radioactives de Fukushima dans des réservoirs industriels géants, mais l’idée avait finalement été abandonnée, car en cas de fuite, de tsunami ou d’autres accidents, ce serait une véritable catastrophe.

Les experts estiment ainsi que le seul moyen de se débarrasser des déchets est de les déverser dans la mer. Ils affirment que les eaux contaminées se « dilueraient et se disperseraient » dans l’océan de manière stable, et que pour ce faire, ils allaient utiliser des méthodes validées par le Comité scientifique des Nations Unies sur les effets des radiations atomiques.

Pour enfoncer le clou sur l’efficacité de la solution, le ministère a rappelé que la méthode d’évaporation a déjà été testée et prouvée en 1979 pour se débarrasser des déchets radioactifs générés par l’accident de Three Mile Island en Pennsylvanie.

Un million de tonnes de liquide radioactif

Depuis l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, les autorités ont eu beaucoup de mal à faire le ménage. Actuellement, le gouvernement et l’exploitant de l’usine, Tokyo Electric Power Company Holdings Inc. (Tepco), sont parvenus à traiter et stocker plus d’un million de tonnes de liquide radioactif, mais ils ne savent pas comment s’en débarrasser.

La situation est d’autant plus critique, car Tepco a indiqué manquer de place, et que l’espace dont l’usine dispose ne peut stocker que 1,37 million de tonnes de déchets liquides maximum. Il est donc plus qu’urgent de trouver une solution d’ici l’été 2022, d’où cette proposition d’en évacuer une partie dans la mer.

Une idée que les défenseurs de la nature risquent de ne pas voir d’un bon œil.

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