Fusion T-Mobile/Sprint : une nouvelle étape de franchie

Du nouveau dans l’affaire T-Mobile/Sprint. En effet, le mois dernier, Reuters nous a rapporté qu’un groupe d’États américains a prévenu un juge fédéral que l’accord de fusion des opérateurs mobiles T-Mobile et Sprint risquerait d’entraîner une hausse des prix qui nuirait aux consommateurs. Toutefois, les opérateurs mobiles se sont opposés à cette position en affirmant qu’il y aurait une concurrence féroce pour, au contraire, réduire les coûts.

C’est en juin 2019 que les États avaient déposé pour la première fois la plainte. A cette époque déjà, les États craignaient que la fusion de T-Mobile avec Sprint ne nuise aux Américains à faible revenu. Pourtant, de leur côté, T-Mobile et Sprint soutiennent que cette fusion leur permettrait de mieux concurrencer Verizon et AT&T qui sont actuellement les opérateurs dominants.

Une antenne 4G

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La décision finale sur l’approbation ou non de la fusion des deux entreprises sera rendue par le juge du tribunal de district américain Victor Marrero qui a entendu les dernières plaidoiries le à la mi-janvier, assurant qu’il rendrait sa décision « le plus rapidement possible ».

Une affaire qui toucherait au moins 130 millions de clients

Selon l’avocat des États, Glenn Pomerantz, cette fusion affecterait au moins 130 millions de clients et chamboulerait le secteur de télécommunications des États-Unis puisqu’il ne restera plus que trois principaux opérateurs téléphoniques au lieu de quatre auparavant.

Si cette fusion se poursuit, ils risquent de payer des milliards de dollars de plus chaque année pour ces services.

Cependant, Glenn Pomerantz a également avancé que Deutsche Telekom, l’actionnaire majoritaire de T-Mobile, lorsqu’il a envisagé la fusion pour la première fois en 2010, « a expressément et sans ambiguïté admis qu’il pouvait réduire la concurrence par les prix ».

Des propos soutenus par l’avocat représentant T-Mobile, David Gelfand, qui a déclaré dans sa plaidoirie de clôture que la fusion entraînerait des économies de coûts et ainsi, ferait baisser les prix pour les consommateurs.

La position de Dish Network Corp en tant que quatrième opérateur mobile suscite la controverse

Rappelons que le DOJ, le ministère de la justice des États-Unis, a approuvé l’accord en juillet 2019 après que T-Mobile et Sprint aient accepté de vendre certains actifs au fournisseur de satellites Dish Network Corp afin que ce dernier crée son propre réseau cellulaire et devienne ainsi le quatrième opérateur mobile des États-Unis. Quant à la Federal Communications Commission (FCC), celle-ci a signé l’accord en octobre 2019.

Selon les dirigeants des sociétés, dont John Legere, le PDG de T-Mobile, les activités de Sprint sont en train de se détériorer et seule, sa fusion avec T-Mobile, pourrait la faire survivre. Toutefois, les États, dirigés par New York et la Californie, ont soutenu que Dish n’avait pas les équipements nécessaires pour devenir un fournisseur de services sans fil compétitif, car en plus de manquer d’expérience, Dish n’aurait également pas assez de notoriété en matière de services sans fil.

Finalement, mardi dernier, le juge a fait savoir qu’il ne contesterait pas l’accord de fusion conclu en 2018. Les deux géants peuvent donc souffler.

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