Génocide au Myanmar : Facebook accepte de partager certaines données supprimées avec les enquêteurs

Le mardi 25 août 2020, Reuters nous informe que Facebook a déclaré avoir collaboré avec les enquêteurs des Nations Unies pour résoudre les crimes internationaux perpétrés au Myanmar en leur partageant certaines informations.

D’après un représentant du réseau social, Facebook aurait fourni des données provenant des pages et des comptes associés à l’armée birmane au Mécanisme d’enquête indépendant sur le Myanmar (IIMM). La plateforme numérique a dissimulé ces données en 2018 afin de mettre fin aux discours de haine contre les Rohingyas sur son réseau social, mais elle a tout de même conservé ces données à l’abri des regards.

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Malgré tout, Facebook a refusé d’en dire plus sur le contenu de ces données. Le porte-parole a juste assuré qu’ « au fur et à mesure que les enquêteurs progressent, nous continuerons de collaborer avec eux pour fournir des informations pertinentes dans leur enquête sur les crimes internationaux au Myanmar ».

Le Myanmar accusé de génocide

Pour rappel, la Cour internationale de justice (CIJ) a accusé le Myanmar de génocide suite à une répression militaire des Rohingyas en 2017 qui a contraint 730.000 d’entre eux à s’enfuir au Bangladesh. Le Myanmar a toutefois nié ces accusations et s’est défendu en déclarant que les autorités ont mené des opérations légitimes contre des militants qui ont attaqué des postes de police.

Pour tirer cette affaire au clair, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a mis en place l’IIMM en 2018 afin de recueillir toutes les preuves sur ce génocide. D’après les enquêteurs de l’ONU, Facebook a joué un rôle clé dans la propagation des discours de haine qui ont alimenté la violence. Le réseau social a néanmoins supprimé 18 comptes et 52 pages associés à l’armée birmane de sa plateforme.

Facebook, prêt à coopérer ?

Plus tôt ce mois d’août, Nicholas Koumjian, le responsable du mécanisme d’enquête indépendant sur le Myanmar, a argué que Facebook détenait des documents « très pertinents et probants sur les crimes internationaux » perpétrés au Myanmar, mais qu’il avait toujours refusé de communiquer ces documents à l’IIMM.

Cependant, comme Facebook vient tout juste de changer son fusil d’épaule et d’accepter de coopérer, le responsable a déclaré le mardi 25 août 2020 que l’organisme avait reçu « un premier ensemble de données qui répond partiellement à nos demandes précédentes ». Il ajoute dans un courriel adressé à Reuters :

J’espère que cela représente un pas de plus vers une relation de coopération qui nous permettra d’accéder à d’importantes preuves pertinentes de crimes internationaux graves.

Mais cela reste encore à voir vu que Facebook semble être très versatile.

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