Gliese 486b, la planète infernale

Les découvertes d’exoplanètes se sont multipliées ces dernières années. Toutefois, vu la distance astronomique qui les sépare de nos télescopes, elles sont souvent difficiles à étudier. Les scientifiques sont maintenant au stade de caractérisation afin d’analyser l’atmosphère des planètes telluriques grâce notamment à des spectres lumineux.

D’ailleurs, la dernière trouvaille en date à ce sujet risque de chambouler nos connaissances.

Crédits Gerd Altmann – Pixabay.com

Récemment, le CARMENES (Calar Alto high-Resolution search for M dwarfs with Exoearths with Near-infrared and optical Échelle Spectrographs), un consortium de plus de 200 spécialistes des exoplanètes gravitant autour des naines rouges, a fait la découverte de Gliese 486B. Il s’agit d’une exoplanète tellurique, donc composée de roches, se situant à seulement 26 années-lumière de la Terre.

Elle est 2,8 fois plus massive que la Terre et effectue la révolution sur son étoile en seulement un jour et demi. A priori, son atmosphère est difficile à étudier vu toutes ces conditions, mais les chercheurs ont constaté des caractéristiques surprenantes au sujet de celle-ci.

Pour mieux comprendre les planètes telluriques

Trifon Trifonov, planétologue au sein du Max Planck Institute of Astronomy, estime que la proximité de cette exoplanète la rend particulièrement intrigante. Naturellement, les astronomes sont en train de l’étudier plus en détail avec les télescopes les plus performants du moment. Néanmoins, il a fait part de son impatience à observer Gliese 486B à travers le Spatial James Webb et le Très Grand Télescope qui vont bientôt voir le jour.

Gliese 486b se trouve à seulement 2,5 millions de km de son étoile, une naine rouge. Qui plus est, une de ses faces est exposée à la lumière solaire. La température y est donc extrêmement élevée : 480°C. Sa surface est alors sèche et étouffante, et des rivières de laves coulent sur ses flancs. Cependant, ce qui est intéressant dans cette planète, c’est qu’elle a la capacité de retenir l’atmosphère, malgré le fait qu’elle soit une planète tellurique proche de son étoile.

« Nous attendons impatiemment que ces télescopes soient opérationnels. Les résultats de ces recherches nous permettront de mieux comprendre comment les planètes telluriques peuvent retenir leurs atmosphères, de quoi ces dernières sont faites et comment elles influencent la distribution d’énergie au sein de la planète. »

Trifon Trifonov

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Une découverte majeure pour la communauté astronomique

Les caractéristiques Gliese 486B ne figurent pas dans la base de données des scientifiques, il s’agit d’une première. C’est donc une découverte majeure pour la communauté astronomique.

« La découverte de Gliese 486b est un coup de chance. Si elle avait été plus ardente d’une centaine de degrés, toute sa surface aurait été constituée de lave. Son atmosphère aurait été constituée de roches vaporisées. A contrario, si Gliese 486b avait été plus fraîche d’une centaine de degrés, son observation n’aurait pas été possible. »

José A. Caballero du Centro de Astrobiologia, en concluant l’étude de CARMENES

Mots-clés exoplanètes