Google et Digg, une histoire qui inquiète…

Décidément, il s’en passe des choses sur le web… Après l’hypothétique rachat de Yahoo par Microsoft, voilà qu’on parle d’un rapprochement probable entre Google et Digg. Alors bon, ce n’est pas la première fois que de telles rumeurs circulent mais, cette fois, il semblerait que l’affaire soit bien partie. Maintenant, ce qui est certain, c’est que si cela arrive, nos habitudes risquent de changer.

De toutes les success story de ce siècle, c’est peut-être bien celle de Google que l’on risque de retenir. Depuis les bancs de l’école, il faut avouer que Sergey Brin et Larry Page ont fait leur petit bonhomme de chemin. Bien sûr, leur franche réussite soulève quelques inquiétudes, ma foi tout-à-fait justifiées, et le rachat probable de Digg ne va certainement rien arranger.

Comprenons-nous bien, j’apprécie énormément les services proposés par Google. Ces derniers font d’ailleurs partie de mon quotidien et je passe beaucoup de temps sur mon Gmail ou sur mon Reader. Seulement, ce n’est pas pour autant que le monopole grandissant que cette firme est en train d’acquérir ne m’inquiète pas. Aujourd’hui, nous vivons à l’ère de l’information et Google en est l’exemple type : jamais une société n’aura eu autant la main mise sur les flux de données que celle-ci.

Mais le pire, évidemment, c’est que la puissance financière de Google n’a presque aucune limite. Le programme adSense en est un bon exemple, la firme de Mountain View engrange les bénéfices sans rien faire.

Dans ce contexte, Google a la possibilité de s’acheter n’importe quel service. L’offre faite à Digg, estimée à quelque chose comme 200 millions de dollars, en est un très bon exemple. Partant de ce principe, il est donc probable que ce rachat ne soit pas le dernier et que nombre de services web populaires tombent entre ses mains. Il deviendra donc de plus en plus difficile pour la concurrence de s’imposer sur le marché.

Les monopoles ne sont jamais bons, et Microsoft en est un très bon exemple. A l’origine, Bill Gates souhaitait simplement pouvoir fournir un système commun, compatible avec tous les ordinateurs de l’époque. Ses objectifs étaient relativement louables, il s’agissait essentiellement d’homogénéiser l’offre faite aux entreprises et aux particuliers. Evidemment, dans la pratique, nous avons vu que la firme de Redmond a surtout jugulé tout un marché.

Ce qui m’a frappé avec cette annonce relevée sur TechCrunch, c’est l’antagonisme de ce rachat. Jusqu’à maintenant, le moteur de recherche Google reposait sur des algorithmes de tri automatique. En fonction de plusieurs critères normalement objectifs, le moteur parvenait à établir la pertinence des pages web indexées et à les classer selon ces résultats.

Au contraire, Digg met en avant le facteur humain. Ce sont des internautes qui proposent des actualités et qui votent pour elles. Des gens comme vous, comme moi, soumis à des contraintes culturelles, sociologiques et par essence des êtres totalement subjectifs. Si Google (et c’est à prendre au conditionnel) décide d’inclure l’algorithme de Digg dans son propre système de recherche, alors nous seront confrontés à des résultats faillibles et par conséquent dangereux.

Je pense qu’il faudra, un jour ou l’autre, imposer des limites à Google et encourager la concurrence. Le monopole dont a bénéficié Microsoft pendant plusieurs années ne concernait que les systèmes d’exploitation. Cette fois, il est question de l’information, la même information dont nous nous nourrissons tous. La même que consomment les générations de demain, des générations qui n’ont pas nécessairement un grand sens critique et dont la vulnérabilité n’est plus à prouver.

Via TechCrunch