Google : le droit à l’oubli, un sujet très controversé

En 2019, la plus haute juridiction de l’Union européenne devrait se prononcer sur l’un des sujets les plus controversés d’Internet : le droit à l’oubli. Les législateurs devraient calmer leur ardeur, de peur que leur décision ait des répercussions au-delà des frontières européennes.

Ce droit, inscrit dans la loi sur la vie privée, permet aux Européens d’exiger que les informations les concernant soient supprimées si elles sont non pertinentes, excessives ou fausses.

Google Assistant France

Cette affaire relève d’un différend entre Google et des régulateurs français qui, en 2015, ont ordonné au géant IT de respecter ce droit sur tous ses sites internet, non seulement google.fr, mais aussi google.com et d’autres sites. Cependant, la firme de Mountain View ainsi que la grande majorité de l’industrie technologique, une grande partie de la société civile et l’Union européenne elle-même s’y sont opposés.

La raison est que l’extension du droit à l’oubli à l’échelle mondiale nuit à la liberté d’expression, porte atteinte à la souveraineté et présente plusieurs menaces imminentes.

France, Allemagne et Royaume-Uni : forte demande de radiation

Le droit à l’oubli ne sera pas un droit facile à instaurer. Censurer des informations légales et factuelles est non seulement discutable, mais c’est aussi une méthode erronée de protection de la vie privée. Depuis 2014, Google a reçu plus de 727 000 demandes de radiation en provenance d’environ 2,8 millions de sites web. Chacune de ses requêtes doit être analysée par des humains pour déterminer le bien-fondé de la demande et pour savoir si la conservation des informations n’est pas dans l’intérêt public. L’évaluation d’une demande peut, néanmoins, durer plusieurs jours.

Il semble que Google n’est pas apte à prendre de telles décisions. De même, les pays ont chacun une manière différente de gérer l’équilibre entre la vie privée et la liberté d’expression. Parmi les demandes de radiation, trois pays se sont distingués, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni qui rassemblent 51% de toutes les requêtes de suppression d’information.

Par contre, les Grecs en font à peine la demande.

L’instauration du droit à l’oubli va secouer le monde numérique

Aux États-Unis, le droit d’être oublié peut être perçu comme étant inconstitutionnel du fait que cela représente un défi complexe qui relève non pas des entreprises privées, mais des législatures. Une autre préoccupation se rapportant à ces informations est que de nombreux gouvernements veulent contrôler les informations en dehors de leurs frontières.

Toutefois, même si les juges européens prononcent une décision contre Google pour protéger la vie privée des internautes, celle-ci n’aura pas beaucoup d’impact si ces informations sont toujours visibles via un VPN ou en utilisant des versions étrangères de Google.

Pour le moment, le droit à l’oubli n’obtient pas les faveurs des entreprises numériques et technologiques. Si Internet conquit tant le cœur des internautes, c’est avant tout à cause ou grâce à l’absence de frontières. Réquisitionner des plateformes technologiques pour qu’elles respectent les lois nationales d’un pays risque de causer un tumulte juridique.

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