Google Maps aurait été utilisé pour cibler les installations pétrolières saoudiennes

Google Maps ne sert visiblement pas qu’à trouver sa route sur le chemin des vacances ou à épier ses voisins. D’après les responsables saoudiens, la solution de cartographie de Google aurait joué un rôle capital dans l’attaque menée  contre les installations pétrolières Aramco. Ambiance.

L’affaire remonte au 14 septembre dernier. Une vingtaine de drones se sont violemment abattus sur deux sites appartenant à Saudi Aramco, en Arabie Saoudite, entraînant de violents incendies.

Une carte routière

Crédits Pixabay

En l’espace de quelques heures à peine, l’entreprise a perdu 60 % de sa production habituelle.

Une attaque de drones lancée sur deux sites d’Aramco

L’attaque a eu d’importantes répercussions à travers le monde. Très vite, de nombreux analystes ont tiré la sonnette d’alarme, prédisant un envol des cours du pétrole… et une importante augmentation de l’essence.

Il n’en a cependant rien été. Le troisième choc pétrolier prédit par bon nombre d’économistes et d’analystes financiers n’a pas eu lieu.

Malgré tout, l’attaque est restée dans toutes les mémoires et notamment dans celles des autorités saoudiennes. C’est en tout cas ce que l’on peut déduire des propos récemment rapportés par Joe Manchin, le sénateur de Virginie-Occidentale au Congrès des États-Unis.

Ce dernier a en effet eu l’occasion de voyager en Arabie Saoudite deux semaines après l’attaque, une attaque revendiquée par les rebelles chiites Houtis yéménites, mais mise sur le dos de l’Iran par les États-Unis. Durant son séjour, l’homme politique s’est longuement entretenu avec les autorités saoudiennes d’Aramco et il a notamment eu l’occasion de visionner la vidéo des tirs de missiles.

Après cela, il a alors demandé à l’un des représentants d’Aramco si les autorités avaient envisagé la piste de l’espionnage. Les attaques étaient en effet coordonnées et très précises, ce qui veut dire que leurs instigateurs savaient précisément où frapper.

Pas besoin d’espion quand il y a Google Maps

Mais visiblement, ce n’est pas cette piste qui est privilégiée par les autorités saoudiennes puisque ce même représentant a répondu en mettant ces attaques sur le dos de Google Maps.

Google a effectivement bien fait son travail. Les cartes utilisées pour générer les vues satellites de la solution sont très précises. Suffisamment en tout cas pour pouvoir repérer des sites pétroliers. Dans ce contexte, nul besoin d’espion pour lancer une telle attaque et c’est précisément ce que sous-entendait le représentant d’Aramco.

Et il semblerait que ces déclarations ne soient pas tombées dans les oreilles d’un sourd. De retour au pays, Joe Manchin a pris la parole au Forum nord américain sur le leadership des infrastructures à Washington et il s’est dit extrêmement préoccupé par la menace que pouvait potentiellement représenter Google Maps, notamment pour les réserves de gaz naturel présentes sur le territoire américain et leurs infrastructures.

Des infrastructures parfaitement visibles sur Google Maps.

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