Google Maps et l’histoire des roues géantes

Si vous jetez un œil à Google Maps, ou Google Earth, (Coordonnées : 32.229758N, 36.937976E), vous verrez une sorte de roue géante au beau milieu du désert jordanien. D’autres structures étranges sont également visibles autour de cette roue.

Il s’agit d’une autre version des mystérieuses « lignes de Nazca », cette fois située au Moyen-Orient. Les étranges dessins, visible seulement d’en haut, s’étendent de la Syrie à l’Arabie Saoudite, et ils font encore couler beaucoup d’encre sur les plateformes sociales.

Roues Google Maps

Pourtant, leur découverte ne date pas d’aujourd’hui.

Des roues géantes qui rappellent les lignes de Nazca au Pérou

Les étranges roues géantes du Moyen-Orient rappellent les célèbres lignes de Nazca, d’anciens “géoglyphes”, ou dessins, visibles dans le désert de Nazca, dans le sud du Pérou. Mais ceux découverts en Jordanie sont les plus nombreux jamais découverts par les chercheurs. Ils se comptent par milliers et les chercheurs pensent que leur création remonte à l’Antiquité, il y a au moins 2 000 ans.

Ces “roues”, comme les appellent les archéologues, sont en fait des structures en pierre qui présentent une grande variété de motifs, le plus commun étant un cercle avec des rayons à l’intérieur. On les trouve souvent sur des champs de lave et leur diamètre varie de 25 à 70 mètres.

“En Jordanie seulement, nous avons des structures en pierre qui sont bien plus nombreuses que les lignes de Nazca, beaucoup plus étendues dans la région qu’elles recouvrent et bien plus anciennes”, explique David Kennedy, professeur de classiques et d’histoire ancienne à l’Université d’Australie-Occidentale.

Des structures en pierre qui ont un sens

Le professeur Kennedy a mené une étude qui révèle que ces roues font partie d’une variété de structures en pierre. Ces structures incluent ce qu’on appelle des « murs » (des structures mystérieuses qui serpentent à travers le paysage jusqu’à plusieurs centaines de mètres et n’ont aucune utilisation pratique apparente), des « pendentifs » (lignes de cairns en pierre qui partent des sépultures) et des « cerfs-volants » (structures en pierre utilisées pour canaliser et tuer des animaux).

Les études menées par Kennedy et son équipe font partie d’un projet de reconnaissance aérienne de plusieurs sites archéologiques en Jordanie. Pour l’heure, Kennedy et ses collègues sont perplexes quant à la signification ou à l’utilisation possible des structures étranges du désert jordanien.

Les roues étant difficiles à repérer au sol, compte tenu de leurs tailles, Kennedy et son équipe les étudient en se basant sur des photographies aériennes et sur Google Earth. Les dessins devaient probablement être plus clairs au moment de leur construction initiale. Mais au fil des siècles et des millénaires, les gens les ont probablement altérés en les traversant sans avoir aucune idée précise de leur forme.

À quoi pouvaient bien servir ces roues géantes ?

Aucune des roues n’a fait l’objet de fouilles archéologiques véritable à ce jour, ce qui rend particulièrement difficile leur datation et la détermination de leur raison d’être. Les archéologues qui les ont étudiées avant l’ère de Google Earth ont supposé qu’il pourrait s’agir de vestiges de maisons ou de cimetières. Mais d’après le professeur Kennedy, aucune de ces explications ne semble plausible, car les roues n’ont pas la même configuration. Certaines sont isolées tandis que d’autres sont regroupées. On en a même découvert des centaines sur un site près de l’oasis d’Azraq qui sont regroupés en une douzaine de groupes.

L’équipe de Kennedy a également trouvé en Arabie Saoudite des roues similaires, mais avec des styles totalement différents : certaines sont circulaires avec seulement deux rayons formant une barre souvent alignée dans la même direction que le levé et le coucher du soleil au Moyen-Orient, tandis que d’autres sont rectangulaires ne formant même pas des roues.

Par contre, les roues géantes de Jordanie et de Syrie ont de nombreux rayons et ne semblent avoir aucun rapport avec des phénomènes astronomiques. Les cairns (amas artificiel de pierres) semblent avoir un lien étroit avec les roues. Parfois, on les retrouve entre les rayons de la roue, d’autres fois ils encerclent le périmètre de la roue. Certains cairns en Arabie saoudite, vus d’en haut, ressemblent même à des tombes anciennes.

Les chercheurs n’arrivent pas pour le moment à dater les roues, car elles semblent être préhistoriques, mais elles pourraient aussi remonter à il y a 2 000 ans. Ils ont cependant remarqué que les roues se trouvaient souvent au-dessus des cerfs-volants, qui remontent à 9 000 ans, mais jamais l’inverse. Selon le professeur Kennedy, “cela suggère que les roues sont plus récentes que les cerfs-volants”. Reste encore à déterminer quel était le sens de ces roues géantes, et à quoi elles servaient.

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