Quand Google Maps devient un instrument d’oppression

Google a supprimé en début de semaine deux cartes Google Maps. Elles listaient les noms et les adresses de plusieurs centaines de militants thaïlandais accusés de s’opposer à la monarchie en place.

L’information a été rapportée par Reuters. Nos confrères ont en effet pu s’entretenir avec l’un des activistes à l’origine de la création de ces cartes. Durant l’entretient, ce dernier a ainsi expliqué avoir réuni une équipe de 80 volontaires pour créer des cartes localisant toutes les personnes s’étant opposées d’une manière ou d’une autre à la monarchie.

Une femme se tenant le visage dans la pénombre
Photo de Juan Pablo Serrano Arenas provenant de Pexels

Des cartes qui n’avaient pas uniquement un rôle informatif. Ces activistes avaient en effet pour projet de les communiquer à la police afin qu’elle puisse intervenir et prendre des mesures punitives à l’encontre de ces opposants présumés.

Des militants ont créé des cartes sur Google Maps pour lister les opposants à la monarchie thaïlandaise

Fort heureusement, Google a été prompt à réagir. Contactée par Al Jazeera, la firme a ainsi expliqué avoir été prévenue de l’existence de ces cartes peu de temps après leur mise en ligne et avoir ainsi procédé à leur suppression :

“Le problème est maintenant résolu. Nous avons des politiques claires sur ce qui est acceptable pour le contenu My Maps généré par les utilisateurs. Nous supprimons les cartes générées par les utilisateurs qui enfreignent nos politiques.”

Porte-parole de Google

Reuters, de son côté, a eu le temps d’accéder à ces cartes et nos confrères indiquent ainsi que l’une d’entre elles comprenait les noms et adresses de près de 500 personnes. Plusieurs photos étaient également jointes afin de permettre à la police thaïlandaise de les identifier.

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Une carte comprenait les noms et adresses de 500 personnes

Des photos qui s’accompagnaient d’un numéro, le “112”, faisant allusion à l’article du code pénal thaïlandais. Un article qui punit jusqu’à 15 ans de prison l’insulte ou la diffamation envers la monarchie.

Toujours selon nos confrères, cette même carte avait totalisé à elle seule plus de 350 000 vues avant d’être supprimée.

De son côté, Songklod “Pukem” Chuenchoopol, l’activiste à l’origine de cette initiative et accessoirement un ancien capitaine de l’armée à la retraite, a décrit ses cartes comme une “opération de guerre”. Pour les nourrir, il n’a d’ailleurs pas eu besoin d’aller très loin.

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Des cartes basées sur les publications sur les réseaux sociaux

Il s’est en effet appuyé sur les publications partagées sur les réseaux sociaux :

“Lorsque nous voyons quelque chose d’offensant publié sur les réseaux sociaux, nous les mettons sur la carte”.

Songklod “Pukem” Chuenchoopol, Reuters

De leur côté, les groupes de défense des droits humains ont fermement condamné la pratique. Une posture logique. La monarchie thaïlandaise a de nombreux détracteurs, notamment chez les jeunes. De nombreux militants se battent ainsi pour la mise en place d’une démocratie. Un mouvement qui n’est pas vu d’un bon oeil par les dirigeants du pays.

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