Google Maps n’est pas le même dans tous les pays, et voilà pourquoi

Google Maps contient toutes les cartes de tous les pays du monde et il suffit d’utiliser l’application pour obtenir le tracé des différentes frontières. Mais qu’est-ce qu’il se passe lorsque la carte que l’on choisit de visualiser est celle d’un pays avec des problèmes de délimitation territoriale ? Est-ce qu’il y a des ramifications politiques et légales ? Un article intitulé « Google’s World » et récemment publié dans la revue Columbia Journal of Transnational Law essaie d’examiner ce problème.

Selon l’auteur de l’étude, Ethan R. Merel, si sur Google Maps, il y a une frontière qui est source de conflit entre deux Etats ou plus, cette bordure va apparaitre suivant le point de vue du pays où l’on se trouve. Par exemple, si l’on accède à Google Maps dans un pays A, la frontière sera en faveur de ce pays A. Mais si l’on regarde la carte au même moment à partir d’un pays B, les bordures seront cette fois en faveur du pays B.

Google Maps sur un smartphone, utilisé comme GPS
Crédits Pixabay

Dans son article, Merel parle du fait que cette politique qui montre des versions différentes de la carte pourrait être une source de conflits.

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L’influence de Google

Selon les informations, des conflits ont déjà eu lieu à cause de Google Maps. Cela a par exemple été le cas entre le Costa Rica et le Nicaragua. Merel explique qu’avec le pouvoir qu’elle détient, le rôle de la compagnie Google en géopolitique est plus comparable à celui d’un Etat ou d’un adjudicateur international qu’à une autre entreprise.

Pour calmer les conflits dus aux problèmes de frontière, Merel pense qu’il sera nécessaire qu’une organisation supranationale comme les Nations Unies entre en scène. Toutefois, les Nations Unies et Google savent qu’il existe de nombreuses difficultés par rapport à un tel plan.

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Des défis à relever

Parmi les difficultés concernant le règlement des problèmes de frontière, il y a le fait que les Conférences Cartographiques Régionales de l’O.N.U. se réunissent tous les 4 ans. Ce n’est pas assez fréquent pour pouvoir régler les disputes. Merel indique également que Google accepte qu’il est intéressant d’utiliser les données des Nations Unies, toutefois, les publications de l’O.N.U. ne seraient pas suffisamment détaillées et sont souvent officiellement neutres sur les questions de toponymie.

En d’autres termes, Google veut bien utiliser les cartes de l’O.N.U., mais ces dernières ne sont pas aussi détaillées que ses propres cartes.

Selon Merel, en définitive, la décision est laissée aux acteurs étatiques traditionnels. Ces derniers vont décider si le 21ème siècle sera l’ère au cours de laquelle ils vont renoncer à leur contrôle sur la cartographie, ou s’ils vont évoluer pour rester plus pertinents.

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