Google voudrait revenir en Chine avec un moteur de recherche doté d’options de censure

Absent de la Chine depuis huit ans, Google compterait revenir en force avec un moteur de recherche cette fois-ci conforme aux attentes du gouvernement chinois. Baptisé Dragonfly, ce nouveau système de recherche intègrerait des options de censure que les dirigeants pourront utiliser à leur guise pour bloquer les sites et mots-clés interdits.

Cette rumeur grandissante a été rapidement démentie par Sundar Pichai, PDG de la firme de Mountain View. Si on en croit le Wall Street Journal, « Google n’est pas près de lancer un produit de recherche en Chine » aurait-il affirmé lors d’un meeting avec les employés.

Pas mal de preuves ont pourtant été rapportées par plusieurs médias et semblent confirmer le développement d’un tel projet. Google n’a pas souhaité faire de commentaires.

Développé dans le plus grand secret

Selon The Intercept, cela fait déjà depuis plusieurs mois que Google travaillerait dans le plus grand secret sur le moteur de recherche Dragonfly. Selon les recherches effectuées par le média d’investigation, l’outil devrait permettre aux dirigeants chinois de bloquer les sites et les mots-clés en rapport avec les droits fondamentaux, les recherches académiques, la religion, mais aussi les mouvements sociaux et manifestations.

Parmi les sites interdits, The Intercept cite le New York Times, la BBC ou encore Wikipedia. Tous les sites concernés seraient directement bannis de la première page des résultats. Le média rapporte que Google Images et ses résultats seraient aussi concernés par la censure.

Il serait prévu que ce nouveau moteur de recherche soit lancé d’ici six à neuf mois. De son côté, Google continue de nier travailler sur un tel projet.

Des milliers d’employés protestent

Au sein même de Google, la création d’un moteur de recherche autorisant les censures fait polémique. Plusieurs salariés de la firme protestent contre le développement d’un tel outil. Sur les 60 000 employés de Google, ils sont quelques milliers à avoir signé une lettre ouverte accusant la direction de soutenir la politique de censure du gouvernement chinois.

Ce n’est pas la première fois que les employés de la firme de Mountain View protestent contre un projet de la firme.

Il y a quelques mois, plusieurs milliers de salariés se sont mobilisés contre le projet Maven qui consistait à développer une intelligence artificielle pour des drones militaires. Google s’était alors engagé à ne pas développer d’IA pour les armes.

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