Google Street View permet aussi de suivre la gentrification des quartiers

La gentrification ou embourgeoisement est un phénomène urbain pouvant être défini par l’arrivée progressive de personnes plus aisées dans un quartier initialement occupé par des personnes moins favorisées. Ce phénomène a été défini pour la première fois par par la sociologue Ruth Glass dans son ouvrage London: Aspects of Change, étudiant les changements sociaux à Londres dans les années 1960.

Récemment, une équipe de chercheurs canadiens a mis au point une nouvelle technique pour suivre les évolutions des quartiers. Cette dernière a été détaillée dans la revue scientifique Plos One.

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Crédits Pixabay

Selon les chercheurs, cette étude ne serait pas dépourvue d’intérêt. « L’intérêt de cette étude, au niveau municipal, peut être de calculer les taxes avec plus de justice sociale, de définir des priorités dans l’amélioration des infrastructures ou des transports d’une ville, d’identifier des travaux non autorisés. »

Un processus difficile à déterminer

Selon les chercheurs, « La gentrification remodèle nos villes, pourtant il est très difficile de déterminer où et à quelle vitesse ce processus a lieu dans les centres urbains ». Ils ont donc mis au point une méthode basée sur l’intelligence artificielle, permettant de cartographier cette modification progressive d’une ville.

Mais au lieu d’examiner les changements globaux des quartiers, ils ont préféré descendre dans les rues pour avoir un aperçu sur les façades des bâtiments, afin d’y découvrir des progrès évidents tels que les travaux de rénovation et les nouvelles constructions.

Des photos prises à partir de l’outil Google Street View

Au lieu de perdre du temps à parcourir les trottoirs des villes, les trois chercheurs canadiens se sont plutôt servis des photographies à 360 degrés capturées par l’outil Google Street View pour leurs observations. Ensuite, l’intelligence artificielle – qui a déjà été entraînée pour l’étude – s’est chargée de détecter les aspects visuels des quartiers pour déterminer s’ils ont subi des transformations urbaines.

Dans la capitale du Canada, l’intelligence artificielle a identifié un total de 2 922 résidences – construites ou rénovées – témoignant du phénomène de gentrification depuis 2007.

En revanche, l’outil aurait été moins performant sur la ville de Paris. Cette dernière comporte notamment de nombreux immeubles s’étendant sur plusieurs étages. De plus, son architecture ancienne est assez préservée. Ainsi, les changements étaient beaucoup moins marqués que dans la capitale du Canada.