Et maintenant, une grippe aviaire hautement pathogène

Le H5N8 est de retour. Identifié pour la première fois en 2013, l’agent pathogène est de retour et il semble se répandre à travers le monde. Près de quarante-six pays seraient ainsi touchés. Les chercheurs appellent à la plus extrême des prudences.

Le H5N8 est un sous-type de virus de la grippe aviaire et son nom provient de deux antigènes présents à la surface du virus, à savoir l’hémagglutinine de type 5 et la neuraminidase de type 8.

Image par Antonios Ntoumas de Pixabay
Image par Antonios Ntoumas de Pixabay 

Ce virus a été détecté pour la première fois en Irlande dans les années 80 puis ensuite aux Etats-Unis avant de disparaître. Pour revenir plus fort en 2013 dans la péninsule coréenne. A l’époque, les autorités locales avaient d’ailleurs passé l’affaire sous silence.

Le H5N8 infecte 46 pays

Toutefois, en avril 2014 et face à l’explosion du nombre de cas, elles ont fini par reconnaître avoir été touchées par le virus un an plus tôt – et avoir euthanasié des centaines d’oiseaux pour freiner sa propagation.

Le H5N8 ne s’en est cependant pas tenu à ces territoires. Le virus a également infecté des élevages du Japon, mais aussi de plusieurs autres pays d’Asie. En Europe, l’épidémie a repris en 20214 avec plusieurs cas signalés en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni et en Italie.

Face à la situation, la France, la Belgique et la Suisse ont renforcé leur veille sanitaire et l’hexagone a même demandé l’aide de l’Anses. Toutefois, les mesures n’ont pas suffi et près de 380 000 canards ont dû être tués en France depuis l’année dernière.

Ces cas de transmission à l’homme

Toujours est-il que l’épidémie reprend de plus belle. D’après Weifeng Sho et George F. Gao, deux chercheurs spécialisés dans les virus et les pandémies, le H5N8 aurait gagné en infectiosité et au moins 46 pays seraient désormais touchés par le virus.

Plus problématique, on sait depuis décembre 2020 que le H5N8 ne s’en tient pas aux volatiles. Sept personnes travaillant dans une ferme située au sud de la Russie ont en effet montré des signes f’infection au H5N8, ce qui est une grande première. Jusqu’à présent, nous avions en effet été épargnés et le virus ne touchait ainsi que les oiseaux.

Deux chercheurs appellent à la prudence

L’OMS, de son côté et comme le rapportent les deux chercheurs cités plus haut, affirme avoir identifié 862 cas humains d’infection au H5N1 issus de 17 pays, dont 455 décès. C’est la raison pour laquelle les deux chercheurs appellent à la plus extrême des vigilances. Le virus étant désormais présent dans 46 pays, les risques d’infection sont plus élevés.

Et après la Covid-19, nous n’avons certainement pas besoin d’une nouvelle pandémie.

Leur article est disponible dans la revue Science, à cette adresse.