Guide de Noël 2018 : Quel CPU privilégier en cette fin d’année ?

Une carte graphique, c’est bien. Mais parce que l’intérêt d’un GPU sans un processeur valable pour l’épauler est pour le moins limité, sur la Fredzone, nous nous sommes dit qu’il était temps d’agir. En complément de notre guide de Nöel spécial GPU, voici donc notre dossier dédié cette fois aux incontournables processeurs qui, parfois, peuvent tenir chaud l’hiver.

En reprenant la structure de notre guide précédent – disponible juste ici -, nous vous proposons un tour d’horizon des modèles qui valent le détour pour bâtir une machine polyvalente destinée à un usage bureautique et / ou multimédia ; à un PC pensé avant tout pour le jeu ; ou à une bécane capable d’assurer le montage de moultes vidéos sans broncher. Lorsque cela sera pertinent, nous tâcherons également de vous indiquer quelle carte graphique listée dans notre précédent guide peut aisément se coupler aux différents CPUs présentés ici-bas. L’idée étant de vous aider à sélectionner peu à peu les composants de la tour de vos rêves, et ce en fonction du budget que vous voudrez bien y consacrer.

Après notre guide de Noël spécial cartes graphiques, voici son pendant dédié aux processeurs. Cette sélection intègre des puces commercialisées entre 100 et 700 euros.

Et de ce côté, les hostilités commenceront aux environs de 100 euros et se poursuivront au-delà de 600 euros pour les processeurs les plus performants. Ces derniers, nous les garderons cependant pour la fin. Fichtre, commençons plutôt avec les puces raisonnables.

Pour un PC bureautique / multimédia (et du Gaming ponctuel)

La solution entrée de gamme efficace : Intel Pentium Gold G5600

Lancé au printemps dernier, le Pentium Gold G5500 prend la tête des puces entrée de gamme du fondeur de Santa Clara avec deux cœurs hyperthreadés et des fréquences allants taper à un maximum de 3,9 GHz. Grâce à ses attributs, le processeur arrive dans bien des cas au niveau d’un Intel Core i3 de génération précédente et s’avère donc polyvalent et doué aussi bien dans le cadre d’une utilisation bureautique / multimédia que pour du Gaming occasionnel. Couplé à une GTX 1050 Ti, le bougre se montre très à l’aise sur des titres compétitifs comme Fortnite ou CS : GO et peut même se frotter à des triple A à condition d’opter le plus souvent pour le niveau low ou medium des préréglages dans les titres gourmands.

Notons par ailleurs que notre G5600 profite d’un TDP limité à 54 Watts seulement, ce qui lui permettra d’être très convenablement refroidi à l’aide d’un ventirad tout simple de chez Cooler Master ou BeQuiet (par exemple), vendu à partir de 25 euros sur les boutiques spécialisés. Même idée pour l’alimentation, avec une puce aussi économe, inutile de tabler sur une alimentation à 150 euros ou plus, 50 à 60 euros de budget suffiront. En clair, si vous cherchez un rapport qualité prix solide, le G5600 est le processeur qu’il vous faut. Si votre budget est plus serré, n’hésitez pas à vous tourner vers son petit frère le Pentium G5500. Plus difficile à trouver en ce moment, il est affiché à 100 euros environ contre 120 pour le G5600 sur LDLC et Materiel.net à l’heure ou nous rédigeons ces lignes.

Le CPU polyvalent pour toute la famille : Intel Core i3-8100

Pour plus de puissance, mais en restant sur un usage centré essentiellement sur le multimédia et la bureautique, difficile de ne pas penser à l’un des derniers Core i3 en date, le 8100. Lancé fin 2017, ce processeur profite de 4 cœurs (pas d’hyperthreading à l’horizon sur ce modèle) pour une cadence de 3,6 GHz et un TDP de 65 Watts. Il arrive donc logiquement un bon cran au dessus du Pentium G5600 et de son offre bi-core, sans que son prix ne s’envole trop.

En l’associant à une GTX 1050Ti, ou mieux, une GTX 1060, il sera possible de faire de belles choses avec lui en jeu, sans trop faire de compromis grâce à ses quatre cœurs. De la même manière que le G5600, son efficacité énergétique lui permet d’être propulsé par une alimentation relativement modeste, même s’il faudra peut-être choisir un système de dissipation (un peu) plus conséquent ici. Le Core i3-8100 est une bonne solution pour un PC familial, par exemple, qui serait voué à être utilisé par plusieurs personnes ayant chacune des attentes différentes vis-à-vis de l’appareil. Le prix de l’Intel Core i3-8100 varie entre 150 et 200 en fonction des revendeurs.

L’alternative AMD : Ryzen 3 1300X

AMD a fait de beau progrès sur le secteur du processeur de bureau depuis quelques années, ce n’est plus un secret pour personne. Si la firme a surtout fait parler d’elle pour ses Ryzen 5 et 7, ou ses énormes puces Threadripper (que nous présenterons plus bas), elle a également lancé plusieurs CPU « budget » profitant d’un ratio performances / prix intéressant. En chef de file de ces puces abordables conçues par les rouges, le Ryzen 3 1300X avec ses 4 cores et ses 3,5 GHz (pour une consommation qui ne dépasse pas les 65 Watts).

Le petit frère des Ryzen 5 et 7 s’impose dans le cas présent à à peu près à mi-chemin entre le Pentium G5600 et le Core i3-8100 en termes de puissance de calcul. Il se montre donc très à l’aise en bureautique / multimédia et peut tout à fait dépanner son propriétaire en jeu à condition d’être épaulé d’un GPU convenable. Globalement, il arrive en concurrence plus ou moins directe de l’i3-8100 d’Intel pour un prix plus contenu. Côté tarif, AMD a en effet joué la carte de la raison en proposant son processeur à un prix raisonnable… ne dépassant pas les 110 euros. Notez que pour un peu plus de répondant il est aussi possible de passer sur le Ryzen 3 2200G (qui profite d’une partie GPU Vega 8 intégrée) pour une quinzaine d’euros en plus.

Pour les Gamers, les vrais

La porte d’entrée du monde Gaming : Core i3-8350K

Pour jouer confortablement et sans trop dépasser la barre fatidique des 200 euros pour un processeur, le Core i3-8350K nous semble très difficile à ignorer. Malgré son patronyme de « simple i3 », la puce parvient à s’imposer dans les benchmarks au point de faire de l’ombre aux Core i5 (et parfois même i7) de sixième et septième générations, lancées par Intel en 2015 et 2016.

Couplé à une GTX 1060 ou 1070 (ou éventuellement à une Radeon Vega 56), cet i3-8350K risque donc de faire des étincelles sur une machine à prix contenu, visant, là encore, le bon rapport performances / prix. La bonne nouvelle étant par ailleurs que l’overclocking (avec les cartes-mères compatibles) est accessible à cette référence. Il s’agit là d’une habitude qu’Intel à pris sur ses dernières générations de Core i3, qui permet concrètement de profiter d’un gain notables de performances après un tour plus ou moins prolongé sur le BIOS. Parfait pour donner un coup de nerf à son processeur lorsqu’il semble accuser le poids des années.

Notons par contre que le Core i3-8350K ne profite pas de l’hyperthreading, qu’Intel réserve à ses processeurs plus haut de gamme. Il faut donc se contenter de 4 cores cadencés à 4 GHz, pour un TDP qui grimpe cette fois à 91 Watts. Une alimentation et un système de refroidissement plus conséquents sont donc à prévoir pour ce modèle, dont le prix se stabilise aux alentours de 210 euros chez la plupart des revendeurs spécialisées à l’heure où nous rédigeons ces lignes.

L’incontournable en jeu : Core i5-9600K

Quand on parle Gaming, ne pas évoquer un Core i5 à un moment ou un autre relève presque de l’affront. On aura dans ces conditions bien du mal à oublier le i5-9600K arrivé dans toutes les bonnes boutiques début octobre. Ce dernier profite de pas mal d’avantages par rapport au Core i3-8350K, à commencer par le fait qu’il découle de la toute nouvelle génération de processeurs Intel (la neuvième). Si le passage entre la huitième génération de processeurs Intel et la neuvième n’est pas le théâtre d’une montée en puissance exceptionnelle (on reste sur le même procédé de gravure et sur une architecture semblable), le fondeur californien a toutefois pris soin de rehausser les specs de ces nouveaux venus… au prix de tarifs qui commencent à devenir un poil salés.

Pour mettre la main sur les 6 Cores (non hyperthreadés) du i5-9600K (cadencés entre 3,7 et 4,6 GHz), il faut en effet consentir à lâcher près de 380 euros. Une somme qui le rapproche sur la plan tarifaire des Core i7 vendus il y a deux ou trois ans. L’avantage de ce modèle sera toutefois d’en avoir sous le pied pour des utilisations variées allant du Gaming pur et dur à la VR, en passant par un zeste de montage vidéo. Avec lui, une RTX 2070 pourrait tout à fait combler un amateur de puissance, sans pour autant se laisser aller à investir une fortune dans le couple que nous allons aborder juste en dessous.

Pour les ennemis du compromis : Core i7-9700K

Nous allons commencer à nous attaquer aux puces les plus coûteuses de chez Intel. On oublie donc le bon rapport performances / prix pour aborder les processeurs les plus méchants du marché. Parmi eux, l’impitoyable i7-9700K et ses arguments pour les utilisateurs les plus demandeurs. Ici, Intel ne fait plus tellement de compromis et adopte la politique (qui était celle d’AMD il y a quelques années) de la multiplication des cores pour palier à une architecture qui stagne un tantinet (avec l’arrivée des puces 10 nm et de l’architecture Sunny Cove cela devrait changer courant 2019).

Notre i7-9700K embarque ainsi 8 cores cadencés entre 3,6 et 4,9 GHz et pas moins de 12 Mo de cache L3 (contre « seulement » 9 sur le i5-9600K). Avec lui, nous ne somme plus dans une optique de décerner ce que l’on pourra faire ou ne pas faire, il sera doué à peu près en tout et se mariera parfaitement à une RTX 2080 ou 2080 Ti pour faire monter la température et chauffer la carte bleue. Il faut en effet compter entre 450 et 560 euros pour se prémunir de ce CPU, et ce en fonction des revendeurs présents sur la toile (Amazon casse les prix, mais essentiellement au travers de vendeurs tiers, pas forcément appréciés de tous).

La tentation AMD : AMD Ryzen 7 2700X

S’il aura bien souvent du mal à tenir la cadence face à un i7-9700K ou un i5-9600K en jeu, le Ryzen 7 2700X se présente comme une alternative intéressante aux joueurs préférant miser sur une machine équipée de produits AMD (coupler ce Ryzen 7 à une Radeon Vega 64 permettra, par exemple, de jouer cette carte à 100%). On hérite ici d’une fiche technique chatoyante axée sur la présence de 8 cores et 16 Threads, 16 Mo de Cache L3 et sur des fréquences comprises entre 3,7 et 4,3 GHz.

Comme souvent avec AMD sur les puces véloces, il faut faire avec un TDP plus important que chez Intel, 105 Watts dans le cas présent. En termes de prix, le Ryzen 7 2700X arrive à quelques encablures derrière le Core i5-9600K en s’affichant à 350 euros sur la plupart des sites marchands. Si l’alternative AMD est on ne peut plus à même d’attirer l’attention, on vous conseille toutefois vivement d’attendre quelques mois pour passer à la caisse si vous souhaitez un Ryzen. Et pour cause, AMD doit présenter de nouvelles puces très prochainement… des puces qui pourraient bien rendre ce Ryzen 7 2700X plus ou moins obsolète à moyen terme.

Pour une machine que les longues heures de montage et de calculs ne fera pas trembler

Le baroud d’honneur du 14nm : Core i9-9900K

Près de 700 euros chez les revendeurs spécialisés, 8 cores, 16 threads, jusqu’à 5 GHz de fréquence et 16 Mo de cache, le Core i9-9900K d’Intel, lancé sur le marché en octobre, n’est pas là pour badiner. Exception faite des mastodontes que sont les Core i9 de série X (et tout particulièrement le i9-7980XE proposé à plus de 2000 euros), il s’agit tout simplement du processeur le plus puissant chez Intel avant de passer sur les gammes professionnelles des bleus, et sur les Xeon, notamment. Bien que très coûteux, le i9-9900k saura faire oublier son prix prohibitif dans le cadre d’un usage fréquent en montage vidéo et pour des calculs de longue haleine.

On notera par ailleurs sa très bonne tenue en overclocking. À condition de prévoir un système de refroidissement costaux, le molosse d’Intel pourra grimper en fréquence sans broncher. Début octobre, il battait un nouveau record en la matière en tenant le cap des 6,9 GHz sur ses huit cores (mais uniquement grâce à un refroidissement à l’azote liquide dégainé pour l’occasion !).

À noter qu’en jeu la puce se montre évidemment très à son aise, confirmant au passage l’actuelle suprématie d’Intel sur le Gaming… Une suprématie qui pourrait toutefois être plus difficile à tenir en 2019.

L’éventreur de threads, un concept signé AMD : AMD Ryzen Threadripper 2920X

Pile en face du Core i9-9900K en termes de tarif (700 euros environ), le Ryzen Threadripper 2920X est une grosse bête (dans tous les sens du terme, ceux qui ont vu la taille de son die, savent de quoi l’on parle) qui n’a pas peur de faire du calcul, du montage ou de l’encodage. Dans ces trois tâches, la puce d’AMD arrive devant le Core i9-9900K, et d’une large avance bien souvent.

La raison à cette maestria vient notamment de l’insolente quantité de cores embarqués ici. On parle en effet de 12 cœurs et de 24 threads. Tout ce beau monde est cadencé entre 3,5 et 4,3 GHz et se couple à un total de 32 Mo de cache L3. Revers de la médaille, le 2920 X n’est pas forcément une bête de course en jeu ou il est battu à plate couture par son rival le i9-9900K, et ce dans presque tous les cas. Il sera tout à fait possible de jouer avec un 2920X, entendons-nous bien, mais on sent clairement que ce processeur n’a pas été spécialement conçu à cet effet. Il s’agit plutôt d’une puce pour de l’applicatif, qui se montre très à l’aise sur les logiciels correctement threadés.

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