Guild Wars 2 utilise des spywares pour lutter contre les tricheurs

Le développeur du jeu de rôles en ligne Guild Wars 2 a récemment annoncé la suspension pour six mois de près de 1516 comptes d’utilisateurs suspectés d’utiliser des logiciels de triche. Selon un porte-parole d’ArenaNet, ces joueurs ont fait appel à des programmes leur permettant d’obtenir des avantages de jeu déloyaux.

Selon les explications fournies par l’éditeur, ces comptes ont été suspendus, car ArenaNet a pu détecter que ces comptes exécutaient Guild of Wars 2 en même temps qu’un ou plusieurs processus plusieurs heures durant, au cours d’une période de plusieurs semaines ces derniers mois.

Les programmes utilisés pour tricher ont été ciblés et, bien qu’ils puissent avoir des utilisations non frauduleuses, la décision de suspension a dû être prise par l’entreprise.

Des méthodes impropres à la détection de triche

Selon Fabian Wosar, l’un des joueurs de Guild of Wars 2 suspendu, la méthode utilisée par la société de développement ne permet pas de conclure que les joueurs ont effectivement triché.

Il a ainsi indiqué qu’ArenaNet faisait appel à un spyware, inclus dans une mise à jour datant du 6 mars 2018, un spyware capable de scanner l’ordinateur du joueur pour rechercher d’autres applications.

Le souci est que même si d’autres processus sont en cours en même temps que le jeu, l’éditeur ne peut pas être sûr que ces programmes sont réellement utilisés à des fins frauduleuses. Les données rassemblées ne permettent qu’une chose, présumer que des joueurs ont pu tricher, et Wosar indique que tel n’est pas son cas.

Une surveillance à l’encontre des données personnelles

Un chercheur en informatique de chez Independent Security Evaluators a déclaré que plusieurs sociétés de développement de jeu en ligne ont recours à ces méthodes de détection pour confondre les tricheurs. Ceci étant, tout processus communiquant avec l’extérieur pour communiquer des informations est considéré comme un spyware.

Toutefois, pour les joueurs, c’est le fait de collecter des informations et de les communiquer de manière non sécurisée vers les serveurs d’ArenaNet qui constitue une atteinte à la sécurité et à la vie privée.

On attend les réactions d’ArenaNet face à ces explications des joueurs, car comme pour le cas de Facebook dernièrement, le souci des données personnelles est toujours un sujet délicat.