Hadopi 3 : le streaming en ligne de mire

Profitant du Forum d’Avignon, notre président a été amené à s’exprimer sur la loi Hadopi. Sans aucune surprise, il s’est bien évidemment félicité de la mise en place de la loi puisque cette dernière aurait fait reculer le piratage de 35 %. Néanmoins, selon lui, le dispositif ne va pas assez loin et il est aujourd’hui nécessaire de s’attaquer… au streaming. Autant dire que la Hadopi 3 n’est pas très loin et nous risquons fort de voir débarquer dans ces prochains mois un nouveau projet de loi dont l’objectif sera de combattre tous ces vilains pirates qui osent regarder des films et des séries dans leur navigateur.

Hadopi 3 : le streaming en ligne de mire

Une baisse du piratage de 35 %… Je ne sais pas pour vous, mais en ce qui me concerne c’est vraiment ce chiffre qui m’a sauté aux yeux à la lecture de l’article du Journal du Net. Et la question que je me pose depuis, c’est de savoir comment il est possible de quantifier les téléchargements pirates. On le sait, à ce jour, ce sont surtout les réseaux les plus communs qui sont surveillés par la « Haute Autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet ». Des réseaux comme Emule et Bittorrent. Or, ce que notre président semble oublier, c’est qu’il existe bien d’autres solutions pour télécharger des séries, des films ou de la musique. Des solutions nettement moins voyantes et bien plus discrètes que ces fameux réseaux.

Enfin passons. Désormais, notre gouvernement souhaite donc s’attaquer au streaming et nul doute qu’il ne manquera pas de s’inspirer pour se faire du SOPA de nos amis américains. Si ce nom ne vous dit rien, sachez juste que le « Stop Online Piracy Act » est un nouveau projet de loi visant à renforcer la lutte contre le piratage sur la toile. Un projet de loi qui prévoit ainsi de couper l’accès à n’importe quel site diffusant illégalement des contenus protégés par les droits d’auteur. Comme ça, en un clin d’oeil, y compris si le site en question est hébergé ailleurs que sur le territoire américain. Bien évidemment, les géants du web se sont immédiatement opposés à se projet mais quelque chose me dit que les internautes américains ne pourront pas s’en débarrasser si facilement.

Bref, nous n’avons pas fini d’entendre parler du piratage. Et le plus décevant, dans cette triste histoire, c’est qu’on oublie une fois de plus de se poser les bonnes questions. En effet, si les internautes avaient les moyens d’acheter des DVD ou de payer des places de cinéma pour toute la famille, pensez-vous qu’ils s’amuseraient à arpenter les confins du web des heures durant pour télécharger le contenu qui les intéresse ?

Crédits Photo

Mots-clés hadopilégislation