Happn est dans le collimateur de l’UFC-Que Choisir

Happn est arrivé sur le marché en février 2014 et l’application n’a eu besoin que de quelques mois pour séduire un peu plus de six millions d’utilisateurs répartis aux quatre coins du monde. Belle croissance, donc, mais l’outil est désormais dans la tourmente car il s’est retrouvé dans le collimateur de l’UFC-Que Choisir à cause de la manière dont il gère les données personnelles de ses membres.

Si vous ne connaissez pas l’outil, alors il faut savoir qu’il se positionne sur le secteur de la rencontre. Exactement comme Tinder, donc, mais son fonctionnement est assez différent car il est ancré dans la vie de tous les jours.

Happn UFC

Ce n’est pas l’amour fou entre Happn et l’UFC-Que Choisir.

En réalité, grâce à cette application, les utilisateurs peuvent retrouver facilement les personnes qu’ils croisent lors de leurs déplacements.

Happn est ancré dans la vie de tous les jours

Pour commencer, ils doivent s’inscrire sur la plateforme en s’appuyant sur Facebook Connect. Happn leur posera ensuite quelques questions pour déterminer leurs préférences amoureuses, que ce soit en terme d’âge ou de sexe.

Ensuite, l’outil listera dans un fil d’actualité toutes les personnes croisées lors de leurs déplacements.

L’outil n’affiche pas la localisation exacte de ses membres. Il se contente effectivement d’indiquer l’heure et la date de la rencontre, sans rentrer dans les détails.

Si l’utilisateur a un coup de coeur pour une de ces personnes, alors il pourra lui envoyer un coeur (gratuit) ou un charme (payant). Il faudra cependant que l’intérêt soit réciproque pour que les deux utilisateurs puissent engager la conversation.

Quel est le problème avec l’UFC-Que Choisir alors ?

La célèbre association s’inquiète tout simplement de la manière dont Happn gère les données de ses utilisateurs. Elle s’appuie notamment sur une étude technique menée par le Forbrukerradet (son homologue norvégien) qui évoque de « possibles transferts » de données réalisés vers des entreprises américaines.

L’UFC-Que Choisir n’a pas contacté Happn avant de saisir la CNIL

Le problème, c’est que ces transferts ne sont plus autorisés depuis l’annulation du Safe Harbor, pas sans un encadrement spécifique défini par les CNIL européennes.

La loi est d’ailleurs assez claire car les utilisateurs doivent conserver la possibilité de supprimer toutes les données d’utilisation liées à leur compte. Cela vaut pour leurs informations personnelles mais également pour les cookies générés par les services et par les applications.

Or selon l’organisme norvégien évoqué un peu plus haut, Happn conserverait un cookie sur les terminaux de ses utilisateurs après la suppression de l’application et c’est précisément ce qui a poussé l’UFC-Que Choisir à saisir la CNIL.

Happn a évidemment démenti les accusations de l’association par le biais d’un communiqué publié sur Challenge. Didier Rappaport, un des co-fondateurs de l’application, a donné pas mal d’éléments et il a notamment indiqué que ce fameux cookie était uniquement utilisé pour faciliter la réinstallation de l’outil.

Durant l’interview, il déplore aussi le fait que l’association de consommateurs n’ait pas pris la peine de contacter son équipe avant de saisir la CNIL et il termine en disant qu’il n’a absolument rien à cacher et que l’organisme peut parfaitement faire un audit de ses services.

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