Harcèlement en ligne : le phénomène prend de l’ampleur aux États-Unis

Alors que les États-Unis sont encore sous forte tension sociale, les résultats d’une étude menée par la Ligue Anti-Diffamation (ADL) révèlent que de plus en plus d’Américains sont victimes de harcèlement en ligne. L’appartenance raciale, la conviction religieuse ou politique ainsi que l’orientation sexuelle seraient, semble-t-il, les principales causes de la recrudescence de ce phénomène.

L’étude qui a été réalisée en 2019 sur un échantillon représentatif de 2 000 Américains laisse paraître une baisse de 7 % du taux de harcèlement en ligne par rapport à l’année précédente. Néanmoins, comme le notent les auteurs de l’étude, les données recueillies sont particulièrement pertinentes et l’efficacité des systèmes de modération automatisés peut laisser perplexes les plus avertis.

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Les chiffres sont alors préoccupants, car près de 35 % des citoyens américains interrogés par l’ADL déclarent avoir été harcelés en ligne et ces résultats datent d’avant les évènements récents aux États-Unis.

LGBTQ+ et minorités raciales : les premières victimes

D’après les résultats de l’étude, la communauté LGBTQ+ serait la plus touchée par le harcèlement en ligne avec un taux de 65 % des déclarants appartenant à ce groupe. Les musulmans arrivent en deuxième place avec 42 % et les personnes d’origine afro-américaine occupent la troisième place avec 37 % des répondants.

Par ailleurs, le motif de harcèlement le plus évoqué demeure l’opinion politique. En effet, l’enquête menée par l’ADL a démontré que près de 55 % des personnes interrogées ont subi la foudre de leurs protagonistes parce qu’ils défendaient leurs convictions politiques.

La recrudescence de cette pratique risque donc d’exploser à l’approche des présidentielles Américaines.

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Vers des mesures plus efficaces sur les réseaux sociaux

Les investigations menées par l’ADL concernant le harcèlement sur les réseaux sociaux ont démontré que Facebook était en tête de liste des plateformes enregistrant le plus d’attaques haineuses. En effet, 77 % des personnes interrogées confirment ce constat, contre 27 % pour Twitter, 21 % pour YouTube et 20 % pour Instagram.

Près de 79 % des personnes couvertes par l’étude préconisent donc la mise en place de mesures de modérations plus efficaces sur les réseaux sociaux. De son côté, l’ADL recommande la réalisation d’audits externes plus régulière des plateformes sociales en plus de l’utilisation de nouveaux outils facilitant le signalement des incidents de harcèlement.

La question qui se pose est alors de savoir si ces entreprises sont prêtes à déployer les ressources nécessaires pour lutter contre ce fléau.

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