Hawaï est peut-être la clé des futures colonies martiennes

Avant de pouvoir construire les premières bases et habitats sur une autre planète comme Mars, il est nécessaire pour les astronautes de se préparer à faire face à toutes les éventualités, notamment les conditions de vie extrêmes. Ainsi, afin de s’entraîner, les scientifiques ont décidé de se tourner vers les tubes de lave d’Hawaï, des endroits qui simulent les conditions sur les planètes rocheuses extraterrestres. Dans cet environnement, les membres de l’expédition peuvent explorer des terrains volcaniques accidentés et endurer les dures conditions physiques subies lors d’une mission d’exploration dans une zone hostile.

Les tubes de lave et cavernes où les scientifiques s’entraînent à étudier la géologie et les organismes vivants sont situés au niveau du volcan Mauna Loa. La station de recherche qui s’y trouve est gérée par l’IMBA ou International Moon Base Alliance qui a pour but de développer la première base lunaire internationale.

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Cette association fait partie de l’Hi-SEAS ou Hawaii Space Exploration Analog and Simulation qui organise des missions simulant une expérience lunaire ou martienne pour les astronautes scientifiques.

Lors de la 52ème édition de la Lunar and Planetary Science Conference ou LPSC le 19 mars dernier, on a pu avoir un aperçu de ces missions de simulation grâce à une présentation réalisée par la directrice de l’habitat Hi-SEAS, Michaela Musilova.

La vie dans les tubes de lave

Selon les explications de Musilova, les missions Hi-SEAS sont effectuées par des équipes de 6 personnes au maximum et durent généralement des semaines ou des mois. Au cours de cette période, les membres de l’équipe vont vivre dans un habitat situé dans un tube de lave. Chaque membre va avoir une fonction spécifique comme commandant, ingénieur ou encore communicateur scientifique. Toutefois, plusieurs membres de l’équipe devront être capables d’effectuer une même tâche, ainsi, si quelqu’un est dans l’incapacité de travailler, une autre personne pourra le remplacer.

Au cours des missions, les ressources comme la nourriture et l’eau sont très limitées et sont donc suivies de façon stricte. Lorsque les membres de l’équipe sortent pour faire de l’exploration, ils doivent également porter des combinaisons de survie  comme ils le feraient lors d’une mission spatiale. D’ailleurs, toutes les opérations comme l’étude de la géologie ou la collecte de données ou d’échantillons doivent se faire en combinaison. Cela permet d’avoir une idée des difficultés rencontrées lorsqu’on procède à des études scientifiques dans un environnement extrême.

S’entraîner pour la recherche

D’après les scientifiques, les tubes de lave sur la Lune et sur Mars pourraient être les endroits où on pourrait trouver des signes d’une vie extraterrestre. Ainsi, l’étude des tubes de Mauna Loa peut offrir des indices concernant les extrêmophiles extraterrestres. Les extrêmophiles sont des organismes qui peuvent vivre dans des conditions extrêmes. Dans ce contexte, l’Hi-SEAS travaille avec la NASA pour étudier ces organismes. D’après Musilova, les étudier pourrait révéler comment différents facteurs peuvent influencer leur comportement et leur survie dans les systèmes de tubes de lave du système solaire.

A part cela, il faut aussi prendre en compte les contraintes physiques que vont subir les astronautes lorsqu’ils vont effectuer des recherches de signes de vie sur la Lune ou sur Mars. Par exemple, les échantillons peuvent facilement être contaminés, et effectuer des tâches sensibles alors que l’on porte une combinaison gênante peut créer des difficultés en plus. Ainsi, il est plus que nécessaire de bien se préparer sur Terre avant de mettre les pieds sur une autre planète. Cela ne fera qu’augmenter le taux de succès de la mission.