L’histoire de l’étudiant qui a décodé les données cachées dans les nœuds incas

Si la civilisation inca est aujourd’hui connue au travers de ses monuments, une grande partie de son histoire reste un mystère. Le fait est que cette civilisation précolombienne du groupe andin qui a connu un apogée de sa puissance au Pérou aux 15e et 16e siècles n’a laissé aucune trace écrite. Les seuls documents lisibles dont on dispose sur ce peuple ont été écrits par des colons espagnols : les chroniques des Incas.

Certains documents authentiques provenant des peuples indigènes incas ont été conservés sous la forme de textiles khipu finement noués. Néanmoins, personne n’a réussi à les décrypter, avant qu’un étudiant de première année à Harvard n’intervienne.

La photo d'un noeud
Image par Free-Photos de Pixabay

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En effet, Manny Medrano, qui a choisi d’étudier l’économie, a réussi à décoder un ensemble de six khipus.

Manny Medrano a bénéficié de l’aide de son professeur, Gary Urton, spécialiste des études précolombiennes. Les résultats de leurs études ont été rassemblés dans un article qui a été publié en 2018 dans la revue Ethnohistory, après évaluation par les pairs.

900 de ces nœuds sont dispersés à travers le monde

Gary Urton a passé des années à faire des recherches sur la civilisation inca et a réalisé un inventaire de ces nœuds incompréhensibles. Au total, il en a recensé 900 dispersés à travers le monde, dans des musées et collections privées. Il a ensuite essayé de les décrire et de relever chaque détail qu’il pouvait remarquer.

Un jour, il a constaté certaines correspondances entre un ensemble de six khipus et un document de recensement espagnol. Tous deux proviennent de la région de la vallée de la rivière Santa, au nord-ouest du Pérou, au 17e siècle. À un moment, il a mentionné cette intrigue à ses étudiants vers fin de la classe au printemps 2016.

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Pour une meilleure compréhension de l’histoire inca

Ce jour-là, Manny Medrano était assis dans l’amphithéâtre. Certes, il a choisi de se spécialiser en économie, mais cela ne l’a pas empêché de s’intéresser à l’archéologie. Il a donc proposé son aide à Gary Urton. Le professeur a accepté sa proposition, sans pour autant attendre grand-chose de sa part.

Après de longues heures de travail minutieux et passionné, Medrano a pu confirmer qu’il s’agit réellement d’une sorte de document de recensement. Il a trouvé un lien entre la façon dont chaque corde était attachée au khipu et le statut social des 132 personnes inscrites dans le registre espagnol. Il a également constaté que les couleurs des cordes sont associées aux prénoms des personnes.

Gary Urton estime que ces découvertes devraient permettre d’en savoir plus sur la vraie histoire méconnue des Incas.