L’histoire oubliée des femmes allumettes, les victimes de la révolution industrielle

Peu de gens connaissent l’histoire des femmes allumettes. Pourtant, elle mérite d’être racontée. Ces femmes, victimes de la révolution industrielle, font partie des premières à avoir manifesté pour obtenir de meilleures conditions de travail.

Leur histoire débute à Londres en 1888. Ce sont des ouvrières qui ont travaillé pour la manufacture Bryant & May, connue à l’époque pour fabriquer des allumettes. La plupart d’entre elles venaient d’Irlande.

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Ces femmes étaient obligées de travailler 14 heures par jour dans d’affreuses conditions. Elles étaient exposées quotidiennement aux vapeurs toxiques de phosphores. Cela a eu de graves répercussions sur leur état de santé.

Des ouvrières qui ont souffert de graves maladies

Tous les jours, les femmes allumettes devaient manipuler du phosphore blanc. Ce composé permettait aux allumettes de s’enflammer au contact de n’importe quelle surface. Malheureusement, il est hautement toxique. À terme, l’utilisation de ce produit a entrainé de graves maladies chez les ouvrières de Bryant & May.

La plupart d’entre elles ont souffert d’ostéonécrose du maxillaire. À force d’inhaler les vapeurs de phosphore blanc, leur mâchoire a fini par pourrir et tomber en morceau. Les ouvrières ont alors reçu des traitements médicaux. Les médecins préconisaient notamment le retrait de la mâchoire. Si la maladie était à un stade trop avancé, il n’y avait plus rien à faire. Certaines des femmes ayant souffert d’ostéonécrose du maxillaire sont mortes dans d’atroces souffrances.

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Place à la manifestation

Le 15 juin 1888, la militante socialiste Clementina Black est entrée en contact avec la féministe Annie Besant pour lui parler des conditions de travail de ces ouvrières. Indignée, cette dernière décide de publier un article dans The Link, intitulé « White Slavery in London. » Les membres de la société londonienne ont alors découvert que les ouvrières de Bryant & May travaillaient de 6h30 à 18h, qu’elles ne mangeaient que du pain beurré et du thé et qu’elles ne recevaient que 4 shillings par semaine. À cela s’ajoute le paiement d’amendes en cas de fautes.

La publication de cet article a suscité la colère des propriétaires de la fabrique. Ils ont alors obligé les ouvrières à signer un papier qui explique qu’elles sont satisfaites de leurs conditions de travail. Ces dernières ont refusé. Suite à cela, 1400 ouvrières sont entrées en grève pour faire valoir leurs droits.

Après trois semaines de manifestation, elles ont fini par obtenir gain de cause. Leur salaire a été augmenté, les amendes ont été supprimées et elles ont pu jouir de meilleures conditions de travail. Un syndicat a même été créé au sein de la fabrique.

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