L’histoire de l’île du Diable, l’une des pires prisons construites par l’homme

L’île du Diable est aujourd’hui un endroit que beaucoup de curieux aiment visiter. Autrefois, le lieu était un véritable enfer sur Terre pour les prisonniers politiques français.

L’île du Diable est une petite formation rocheuse située à une dizaine de kilomètres au large des côtes de la Guyane française. Elle s’élève à 40 mètres au-dessus du niveau de la mer, avec 1 200 mètres de longueur et 400 mètres de largeur. L’îlot forme avec les îles Saint-Joseph et Royale l’archipel du Salut. À noter que ce dernier appartenait à l’administration pénitentiaire de Cayenne.

La photo des profondeurs d'un océan
Crédits Pixabay

Parmi les différentes colonies pénitentiaires établies au cours des derniers siècles, l’île du Diable est décrite comme l’une des plus horribles. La prison abritait des détenus de droit commun et les pires criminels français, mais était surtout destinée aux prisonniers politiques et militaires.

Les histoires sur cette tristement célèbre prison sortent au grand jour au début du 20e siècle. Après plus d’un siècle d’activité, elle ferme finalement ses portes en 1946.

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La page la plus sombre de l’histoire de l’administration pénitentiaire française

L’île du Diable faisait partie de l’infrastructure pénitentiaire de la colonie pénitentiaire de Cayenne. La prison a été officiellement créée en 1852. Cependant, elle hébergeait déjà des prisonniers trois ou quatre ans plus tôt. Sous le régime de Napoléon III, la petite île rocheuse est devenue le lieu d’exil des prisonniers politiques français pour accueillir ensuite au fil des ans des dizaines de milliers de criminels endurcis.

Les prisonniers y subissent un traitement très sévère et inhumain. Ils sont enfermés dans des cellules obscures. Il leur est interdit de parler, de lire ou même de prendre du repos pendant la journée. Les gardiens de prison font de leurs quotidiens un véritable cauchemar. Adresser la parole à un garde peut effectivement se terminer par une punition très sévère.

Par ailleurs, le climat offrait des conditions de vie très difficiles. « Les animaux pullulaient dans ma case. Les moustiques, au moment de la saison des pluies, les fourmis en toute saison, en nombre si considérable que j’avais dû isoler ma table, en plaçant les pieds dans de vieilles boites de conserve, remplies de pétrole », racontait l’officier français Alfred Dreyfus. Les pathologies adjacentes avaient souvent raison d’une partie considérable de la population du bagne.

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Seulement deux tentatives d’évasion réussies

La situation géographique de la formation rocheuse rendait l’évasion presque impossible. L’île est assez éloignée des côtes et les forts courants marins pouvaient être mortels.

Les eaux étaient également infestées de requins. Seulement deux hommes sont parvenus à s’échapper de l’île du Diable. Le premier est l’anarchiste Clément Duval qui a ensuite trouvé refuge aux États-Unis en 1901. La deuxième évasion réussie est celle d’Henri Charrière surnommé Papillon, un condamné pour meurtre.