L’histoire d’Eyam, le village qui s’est mis en confinement pendant un an pour limiter la propagation de la peste en 1665

Le confinement est devenu inévitable pour limiter la propagation du Coronavirus. Cette mesure destinée à contrôler la pandémie ne date pourtant pas d’hier. Au 17ème siècle, des habitants d’Eyam, un petit village situé au centre de l’Angleterre, ont eu recours à cette solution pour endiguer la propagation de la peste.

Ces derniers ont pris des mesures extrêmes. Dans leur cas, le confinement a duré un an. Malgré les pertes humaines recensées au sein de ce village, on peut dire que leur isolation a porté des fruits. En effet, en agissant ainsi, ils ont pu empêcher l’épidémie d’atteindre d’autres régions.

Une jeune femme attendant la fin du confinement devant sa fenêtre
Image par StockSnap de Pixabay

À l’heure où la menace d’un énième confinement plane sur nos têtes, cette petite histoire devrait nous aider à tenir le coup.

Une épidémie initiée par une livraison de tissus

L’épidémie de peste bubonique a commencé à Londres au printemps 1665. Le village d’Eyam, situé dans le Derbyshire à 250 km de là,  était encore hors de portée de la maladie. Il était alors habité par environ 400 à 700 personnes.

Au mois d’août 1665, la peste a réussi à se frayer un chemin jusqu’à Eyam. D’après les historiens, elle a été transportée par une puce qui se trouvait dans des tissus commandés par le tailleur du village en provenance de Londres. Ce dernier fut le premier à être fauché par la maladie. Des dizaines d’habitants ont ensuite succombé à la peste. Face à cette menace, de nombreuses personnes ont décidé de quitter le village.

Un isolement qui a duré 14 mois

Le révérend William Mompesson a réussi à convaincre les derniers villageois qui étaient restés sur place de s’isoler pour limiter la propagation de la maladie. Ils ont donc mis en place un cordon sanitaire autour du village pour éviter que des gens n’y entrent ou n’en sortent. Ils se sont également servis d’une pierre munie de trous pour y mettre des pièces trempées dans du vinaigre. Ils voulaient ainsi créer du désinfectant. Ce dispositif était placé à la frontière d’Eyam.

Les habitants des villages environnants leur apportaient des vivres qu’ils déposaient à la limite du village. Ils ont vécu ainsi pendant 14 mois. Au cours de cette période, ils ont répertorié 257 décès dus à la peste. Malheureusement, le révérend Mompesson n’a pas survécu à l’épidémie.

En dépit de cela, les habitants ont réussi à contenir la maladie dans leur village. Aujourd’hui, Eyam est devenu un site d’attraction touristique connu de tous comme « le village de la peste. »