La crise sanitaire, une opportunité pour les cyberpédophiles

La cyberpédophilie prend de plus en plus d’ampleur en Europe. Bien que plusieurs institutions se soient engagées à traquer les prédateurs sexuels en ligne, le grooming, le sexting et le sextorsion ne sont pas rares. Si l’on en croit Catherine de Bolle, directrice exécutive d’Europol, «la crise du COVID-19 a entraîné une forte augmentation de la distribution en ligne de matériel pédopornographique ».

Une information délivrée par Yves Goethals chef de la section de la police fédérale rend la hausse encore plus évidente. Selon Goethals, le nombre de signalements a augmenté de 30% entre mi-mars et mi-avril.

Une femme se tenant le visage dans la pénombre

Photo de Juan Pablo Serrano Arenas provenant de Pexels

Quoi qu’il en soit, la cellule Child Abuse de la Police fédérale fait de son mieux pour arrêter les pédocriminels en ligne.

Des centaines de cas de cyberpédophilies ont été recensés par la fondation Belge Child Abuse en 2019

Les prédateurs sexuels cherchent généralement leur proie sur les réseaux sociaux comme Facebook, Snapchat, Instagram et TikTok.

Cela signifie que plus les mineurs passent du temps en ligne, plus ils sont vulnérables à la cyberpédophilie. ECPAT Belgique a également fait savoir que les malfaiteurs se permettent même actuellement de diffuser des images inappropriées en direct.

Dans son rapport annuel publié en mai 2020 et comme le rapporte Le Soir, la fondation Belge Child Focus indique qu’en 2019, 267 dossiers relatifs à la pédophilie sur internet ont été comptabilisés. Ce chiffre a légèrement baissé par rapport à celle de 2018 où la Fondation pour enfants disparus et sexuellement exploités a recensé 275 dossiers.

À lire aussi : Les sextos de plus en plus répandus chez les ados

Plus de détails sur les chiffres délivrés par Child Focus

34 dossiers parmi les 267 concernent des cas de grooming. Il s’agit d’une situation où un adulte entre en contact avec un mineur via internet pour des intérêts sexuels. Le groomeur œuvre pour que la victime lui fasse assez confiance pour lui envoyer des images à caractères sexuels. Dans le pire des cas, le criminel arrive à obtenir un rendez-vous avec sa cible.

Outre le grooming, il existe d’autres formes de pédophilie. Des jeunes s’envoient des images à caractère sexuel. Connue sous le nom de sexting, cette pratique pose un problème si les photos intimes sont partagées sans le consentement de la personne concernée. 98 cas de sexting problématiques ont été enregistrés par Child Focus en 2019.

Le sexting vire en sextorsion quand l’un des jeunes oblige l’autre à lui verser une certaine somme d’argent en échange de la confidentialité des photos intimes en sa disposition. La fondation a recensé 55 cas de sextorsion l’année dernière. Quant à l’intimidation sexuelle, Child Focus en a enregistré 21 cas en 2019.

À lire aussi : Une ado s’est suicidée après la publicitation de sextos