Huawei a besoin des puces et logiciels américains pour devancer Samsung

Huawei, le géant chinois de la téléphonie mobile, est en ce moment en assez mauvaise posture. Avec le décret sur l’interdiction des matériels de télécommunication étrangers, signé par le Président Donald Trump, les entreprises américaines ont arrêté de travailler avec la société chinoise.

Il s’agit surtout des compagnies qui fournissent des composants matériels et logiciels comme Google, Microsoft ou encore Intel.

Les premières actions contre Huawei remontent déjà à 2012 et reflètent la place des marques de technologie dans le bras de fer commercial entre la Chine et les États-Unis. Ces deux pays sont de grands rivaux pour la mise en place du futur réseau 5G, or Huawei est le plus grand développeur de logiciels de réseau 5G au monde.

Aujourd’hui boycotté de toute part, Huawei reste cependant confiant et pense pouvoir continuer seul. À première vue pourtant, le pari est loin d’être gagné.

Ce que Huawei ne peut pas avoir

Les téléphones de marque Huawei et Honor, ainsi que des dizaines de filiales de la compagnie sont concernés par l’interdiction décrite dans le décret signé par Trump. Les entreprises américaines, de leur côté, sont aussi contraintes de suspendre leur collaboration avec Huawei.

Google et Microsoft, par exemple, ne pourront pas fournir les logiciels pour les téléphones Android et les PC sous Windows. Intel, Broadcom et ARM arrêteront également de travailler avec la marque.

Cette dernière a de plus été suspendue de l’Alliance Wi-Fi et de l’Association SD qui s’occupe des normes de stockage.

Les alternatives de Huawei

Pour faire face à sa situation, Huawei essaie de trouver des alternatives pour remplacer les logiciels et les matériels auxquels la société n’a plus accès.

En Chine, où Google est déjà bloqué, les applications familières comme Google Search, Google Maps, YouTube… sont remplacées par des alternatives locales. La compagnie serait aussi en train de concevoir son propre OS appelé Hongmeng (ou Ark), bien que celui-ci soit encore loin d’être opérationnel même si les rumeurs évoquent une présentation en juin.

Concernant le processeur des téléphones de Huawei, la marque n’utilise pas de puces Qualcomm. C’est la division interne HiSilicon qui fabrique les processeurs pour la compagnie.

Cependant, une licence de la part de la société ARM est obligatoire puisque les puces du géant sont basées sur son architecture. ARM ne se trouve pas aux États-Unis, mais la propriété intellectuelle découle de laboratoires de recherches situés sur le sol américain.

Huawei avait pensé battre Samsung en 2020 pour devenir le plus grand fabricant de téléphones au monde. Avec sa situation actuelle, cet objectif semble de plus en plus loin pour le géant chinois. Il lui sera en effet difficile d’avancer sans les pièces et logiciels fournis par les entreprises américaines.

MAJ : l’Alliance Wi-Fi, le Bluetooth SIG et l’Association SD ont levé l’interdiction touchant Huawei.

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