Huawei : Le Canada a rejeté la demande de Meng Wanzhou concernant l’extradition vers les Etats-Unis

Alors que la directrice financière de Huawei avait bon espoir que sa requête soit acceptée, un tribunal canadien a débouté Meng Wanzhou de sa demande de ne pas être extradée vers les États-Unis pour répondre des accusations de fraude bancaire portées à son encontre, rapporte Reuters. La responsable de Huawei devra ainsi poursuivre sa détention à domicile de 18 mois à Vancouver.

Cette décision du mercredi 27 mai 2020 ouvre la voie à la deuxième phase de l’affaire, qui est de savoir si les responsables canadiens ont respecté les procédures et la loi lors de l’arrestation de Meng Wanzhou. Pour rappel, Meng Wanzhou, en plus d’être un haut responsable de Huawei, est aussi la fille du fondateur de l’entreprise, Ren Zheng.

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Elle a été arrêtée en décembre 2018 sur un mandat délivré par les autorités américaines qui l’ont accusée de fraude bancaire en ayant menti à HSBC sur les relations de Huawei avec une entreprise basée en Iran qui, pourtant, fait l’objet de sanctions américaines. HSBC a ainsi été exposé à des amendes et des sanctions pour avoir enfreint les sanctions américaines.

Les États-Unis et le Canada seraient complices ?

Si les avocats de Meng ont pensé que l’affaire devait être rejetée du fait que le Canada n’avait pas de sanctions contre l’Iran, Heather Holmes, la juge en chef adjointe de la Cour Supérieure de la Colombie-Britannique, a jugé que la norme légale de double incrimination avait été respectée et a déclaré que :

L’approche de Meng limiterait sérieusement la capacité du Canada de s’acquitter de ses obligations internationales dans le contexte de l’extradition pour fraude et autres crimes économiques.

Le ministère de la Justice des États-Unis a remercié le Canada pour son aide continue, remerciement auquel son homologue canadien a répondu que ses magistrats étaient déterminés à avancer le plus rapidement possible dans le traitement de cette affaire.

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Meng Wanzhou ne démord pas sur son innocence

Néanmoins, si les États-Unis sont satisfaits de la décision, l’ambassade de Chine au Canada a réagi violemment et immédiatement en déclarant que le Canada était « complice des efforts des États-Unis pour faire tomber Huawei et les entreprises chinoises de haute technologie ».

Reid Weingarten, un avocat américain de Meng, a déclaré que « la décision d’aujourd’hui au Canada n’est que la salve d’ouverture d’un très long processus…nous sommes convaincus qu’en fin de compte, justice sera rendue ». Il a également soutenu que Meng ne devait pas « être un pion ou un otage » des États-Unis dans les différends commerciaux qui les opposent à la Chine.

Meng Wanzhou, quant à elle, a réitéré son innocence et a déclaré qu’elle s’attendait à ce que le système judiciaire canadien finisse par la relaxer.