Hubble a immortalisé la naissance d’une tempête géante sur Neptune

En étudiant les images capturées par le télescope spatial Hubble durant les dernières années, les chercheurs de la NASA ont repéré la naissance d’une tempête géante sur la huitième planète du système solaire. Devenue visible en 2018, la nouvelle tache noire ou la « Great Dark Spot » (GDS) est relativement similaire à d’autres points noirs repérés auparavant par Voyager 2, en 1989, et par Hubble lui-même.

Elle est également analogue à la grande tache rouge de Jupiter.

Neptune NASA

Crédits NASA

Au fil des ans, Voyager 2 et Hubble ont permis aux astronomes de détecter six points noirs dans l’atmosphère de Neptune. En réalité, ces taches sont des tempêtes qui se forment dans des zones de haute pression atmosphérique. Les images ont été capturées grâce à la caméra à large champ du télescope.

Lancée en 1990, la sonde est actuellement consacrée à l’observation des atmosphères d’Uranus et de Neptune. Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue AGU Geophysical Research Letters.

De nouvelles tempêtes sur Neptune tous les quatre à six ans

L’étude a été menée par Amy Simon, scientifique en sciences planétaires au Goddard Space Flight Center de la NASA à Greenbelt, dans le Maryland. Il a été aidé par Michael Wong et Andrew Hsu de l’Université de Californie, à Berkeley.

Deux ans avant la découverte du nouveau Great Dark Spot, de brillants nuages ont fait leur apparition. Les chercheurs pensent que la luminosité des nuages correspond à la profondeur de la tempête qui leur succède. Ils ont alors conclu que les tâches sont bien plus profondes que ce que l’on aurait imaginé. Elles seraient situées dans la couche atmosphérique entourant le vaste manteau de glaces.

Dans une étude annexe, publiée dans Astronomical Journal, les chercheurs ont prédit l’éventualité de nouvelles tempêtes sur Neptune tous les quatre à six ans. Chacune d’elles devrait durer en moyenne deux ans, mais il serait probable qu’elles atteignent une durée de vie de six ans.

Pour mieux comprendre les exoplanètes

Désormais, l’équipe va se concentrer sur les modifications de la forme du vortex et de la vitesse du vent lors de tempêtes. « Nous n’avons jamais mesuré directement les vents dans les vortex sombres de Neptune, mais nous estimons que la vitesse du vent est de l’ordre de 100 mètres par seconde, ce qui est assez similaire à la vitesse du vent dans la grande tache rouge de Jupiter », a déclaré Wong. « Des observations plus fréquentes à l’aide de Hubble aideront à brosser un tableau plus clair de la façon dont les systèmes de tempête sur Neptune évoluent. »

Le but de la mission de surveillance de ces planètes est de percer leurs secrets, comprendre et prédire leur évolution.

Par ailleurs, à terme, ces résultats devraient permettre aux astronomes d’en savoir plus sur la météorologie et l’histoire des exoplanètes. « Si vous étudiez les exoplanètes et que vous voulez comprendre leur fonctionnement, vous devez d’abord comprendre nos planètes », a déclaré Amy Simon. « Nous avons si peu d’informations sur Uranus et Neptune. »