Nos ancêtres hibernaient peut-être durant l’hiver

Lorsque l’hiver pointe le bout de son nez, certains représentants de l’espèce animale hibernent pour se protéger du froid. Alors qu’on pensait que l’hibernation était uniquement réservée aux animaux, une étude publiée dans la revue « L’Anthropologie » révèle que nos ancêtres faisaient peut-être de même. Les paléoanthropologues Juan-Luis Arsuaga et Antonis Bartsiokas sont arrivés à cette conclusion après avoir étudié des fossiles provenant du site de la Sima de Los Huesos, au nord de l’Espagne.

Cet endroit abritait des ossements âgés d’environ 430 000 ans qui appartenaient à des hominidés. Ces derniers sont présentés comme des ancêtres des Néandertaliens. L’étude des fragments d’ADN présent sur ces fossiles a permis de déterminer que certains d’entre eux appartenaient à l’espèce des Homo heidelbergensis.

Crédits Pixabay

C’est en analysant ces os que les chercheurs ont découvert des anomalies qui laissent penser que ces hominidés avaient peut-être hiberné durant l’hiver.

Un manque de vitamine D

Les chercheurs ont indiqué que ces individus souffraient d’un manque de vitamine D. Cela survient lorsqu’une personne est privée de soleil pendant des mois. Ils ont également noté la présence de traces sur les os qui portent à croire que ces hominidés avaient dormi pendant des mois avec une faible réserve de graisse.

Qui plus est, les fossiles des adolescents montreraient une variation saisonnière de la croissance osseuse. Cela signifie qu’à un certain moment de l’année, leur croissance est interrompue pour ne reprendre que des mois plus tard.

« L’hypothèse de l’hibernation est cohérente avec les preuves génétiques et le fait que les hominidés de Sima de Los Huesos vivaient durant la période glaciaire », ont-ils ajouté.

Des hominidés qui ont souffert de graves maladies

À en croire cette étude, certains des hominidés à qui appartenaient ces ossements avaient souffert de graves maladies, provoquées par l’hibernation. Ils auraient notamment contracté de l’ostéodystrophie rénale et du rachitisme. Il faut toutefois garder en tête que ce n’est pour l’instant, qu’une hypothèse.

Les auteurs de cette étude admettent eux-mêmes que leur théorie peut sembler folle.

« Mais elle est assez folle pour être vraie », a déclaré Antonis Bartsiokas.

L’anthropologue Patrick Randolph-Quinney, de l’Université de Northumbrie, a indiqué qu’il y avait matière à  entamer un débat. Néanmoins, selon lui, « il peut y avoir d’autres explications à ces variations observées sur les os découverts à Sima. »

Des recherches plus poussées doivent encore être faites avant de confirmer l’hypothèse de Bartsiokas et d’Arsuaga.

Mots-clés anthropologie