IBM a décidé de faire une croix sur la technologie de reconnaissance faciale

Depuis qu’elle a vu le jour, le système de reconnaissance faciale a toujours été au cœur des polémiques. Les défenseurs de la vie privée n’aiment en effet pas l’idée que leur visage soit capturé et fiché quelque part dans des bases de données privées ou gouvernementales.

La technologie fait tellement l’objet de controverse que certaines entreprises ont décidé de jeter l’éponge en ce qui la concerne. C’est notamment le cas d’IBM : dans un communiqué partagé le 8 juin dernier, le géant de l’informatique a annoncé qu’il se retirait désormais du marché de la technologie de reconnaissance faciale à usage général.

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Désormais, IBM va ainsi définitivement stopper le développement, ainsi que la commercialisation de ses logiciels et technologies de reconnaissance faciale.

IBM soutient les défenseurs de la vie privée

Dans une lettre adressée aux dirigeants du Congrès américain (toujours le 8 juin), le PDG de la firme, Arvind Krishna a solennellement indiqué qu’« IBM s’oppose fermement et ne tolérera pas l’utilisation de toute technologie, y compris la technologie de reconnaissance faciale offerte par d’autres fournisseurs, pour la surveillance de masse, le profilage racial, les violations des droits et libertés fondamentaux de la personne, ou tout autre objectif qui n’est pas conforme à nos valeurs et principes de la confiance et la transparence. »

« Nous pensons que le moment est venu d’entamer un dialogue national sur l’opportunité et la manière dont la technologie de reconnaissance faciale devrait être utilisée par les autorités nationales chargées de l’application des lois », a-t-il également ajouté, scellant ainsi la position de son entreprise concernant toutes les polémiques sur la reconnaissance faciale.

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Un système peu fiable et à double tranchant

Les technologies de reconnaissances faciales sont généralement utilisées dans le domaine de la sécurité, mais aussi des réseaux sociaux… Dans tous les cas, le système n’est pas sans faille : des études démontrent notamment que ses taux de précision sont faibles concernant les femmes et les minorités. Or, comme le fait remarquer Arvind Krishna, la reconnaissance faciale « ne doit pas promouvoir les discriminations ou l’injustice raciale ».

Toutefois, les technologies qui fonctionnent sans faille représentent également une menace, en se pouvant notamment se transformer en un moyen de surveillance incontournable et invasif.

La solution serait alors d’« investir dans des technologies susceptibles d’aider à résorber la fracture numérique, pas des technologies qui créent une infrastructure de surveillance et exacerbent les abus de la police et le racisme structurel », comme le suggère l’association American Civil Liberties Union (ACLU) dans un communiqué adressé au Congrès américain.

Pour ce qui est d’IBM, l’entreprise n’a pas fait de commentaires supplémentaires sur la question.

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