Ikea Hacking : un business juteux

De nos jours, qui ne connait pas Ikea ? L’entreprise basée en Suède possède actuellement 445 magasins un peu partout dans le monde et gère 217 000 employés. Avec ses revenus annuels avoisinant les 44 milliards de dollars, Ikea est devenue le plus grand fournisseur de meubles de maison de la planète. Dans beaucoup de pays, plus de la moitié de la population possède au moins un article Ikea.

Aujourd’hui, il existe une nouvelle tendance chez les fans de produits Ikea, il s’agit de ce qu’on appelle Ikea Hacking. Le principe de ce concept qui s’est surtout développé au cours de la pandémie, c’est de relooker en quelque sorte les vieux meubles Ikea au lieu d’en acheter de nouveaux. Apparemment, cette méthode est moins chère comparé à l’achat de nouveaux produits, et beaucoup d’entreprises se sont mises à travailler dans le domaine.

Un magasin Ikea au soleil couchant
Crédits Pixabay

Les compagnies qui vendent par exemple des pieds pour meubles Ikea, des couvertures pour canapés ou encore des portes de placard sont actuellement en plein essor avec la demande qui ne cesse d’augmenter.

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Ce que disent les chiffres

En gros, l’Ikea Hacking regroupe toutes les formes d’amélioration ou de personnalisation  d’un meuble Ikea. Le mouvement a émergé vers le milieu des années 2000 lorsque des blogs DIY comme Ikea Hackers et Instructables ont commencé à publier des astuces pour modifier des articles célèbres comme les bibliothèques Billy ou les étagères Kallax. Au début, l’entreprise suédoise n’a pas vraiment apprécié que les gens se mettent à personnaliser les meubles, et elle a même envoyé une lettre de mise en demeure au site Ikea Hackers. Toutefois, au fil des années, Ikea s’est mise à tolérer les hackers et le mouvement s’est transformé en une très grosse industrie.

Actuellement, presque toutes les plateformes de médias sociaux  possèdent des contenus relatifs au Ikea Hacking. Si l’on se réfère aux chiffres, on peut dire que beaucoup d’utilisateurs sont intéressés par ce concept. Par exemple, sur TikTok, on peut compter 64 millions de vues pour les vidéos #ikeahacks. Sur Facebook, il existe des centaines de groupes consacrés au mouvement avec plus de 1 million de membres au total. Quant à YouTube, la plateforme contient des milliers de vidéos sur le sujet avec plus de 100 millions de vues.

Avec cette hausse significative de l’intérêt pour les modifications des meubles Ikea, de nombreuses entreprises ont vu le jour, et chaque compagnie propose des options différentes. Il y a par exemple celles qui se spécialisent dans la personnalisation des cuisines, d’autres qui proposent des pieds pour les sofas, les tables, ou encore les consoles, et certaines proposent d’envelopper les meubles Ikea avec des couches de vinyle. La plupart de ces sociétés sont basées en Suède, mais certains entrepreneurs ont aussi réussi à percer aux Etats-Unis.

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Une solution écologique ?

On pourrait penser que l’intérêt du Ikea Hacking réside uniquement au niveau du coût et du design, mais ce concept a aussi comme objectif de régler le problème du « meuble rapide ». Dans l’ancien temps, les gens achetaient des meubles qui devaient durer pendant des décennies. Mais aujourd’hui, le canapé moyen est juste prévu durer au maximum 6 ans. Selon les informations, les Américains jetteraient 20 millions de tonnes de meubles usagés chaque année, et cette valeur ne cesse d’augmenter. L’on sait qu’Ikea, qui utilise 1% de tout le bois sur Terre, encourageait auparavant ses clients à remplacer fréquemment leurs meubles, ce qui représente un problème écologique sérieux.

Le Ikea Hacking est ainsi un moyen de faire durer les meubles grâce aux modifications et réparations. D’après une étude indépendante réalisée par Prettypegs, un simple changement de design au niveau d’un meuble pousserait une personne à le garder 20% plus longtemps. D’après la compagnie, elle a aidé ses clients à garder 19 000 articles Ikea, ce qui a empêché l’émission de 179 tonnes de CO2.

De son côté, Ikea a annoncé de futurs programmes de rachat, ainsi que des plans pour devenir « climate positive » d’ici l’année 2030.

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