Il a découvert un drôle de tardigrade à paillettes

Dans la microfaune marine, il existe des créatures appelées tardigrades. Ils sont également connus sous le nom d’oursons d’eau, ou encore de porcelets en mousse. Depuis leur découverte, ils ne cessent de surprendre les scientifiques. Actuellement, il existe mille espèces connues de ces microorganismes qui résistent à la chaleur extrême, au froid glacial et à des  radiations mortelles pour d’autres êtres vivants.

Rafael Martín-Ledo est à la fois biologiste et professeur d’école. La semaine dernière, il a publié une vidéo montrant un tardigrade avec un ventre plein de matériaux étranges et scintillants sur Twitter.

Capture Twitter

La séquence a été accompagnée de la légende « Devine ce que j’ai dans le ventre ? ». Il pense que cet étrange phénomène est dû à la présence d’aragonites dans l’estomac de l’animal.

L’aragonite est une forme cristalline de carbonate de calcium. Il est souvent présent dans la coquille des animaux marins.

De minuscules prédateurs marins

Le tardigrade de la vidéo provient de la rivière Saja, située dans le nord de l’Espagne. Pour l’observer, Martín-Ledo a utilisé une technique appelée microscopie à contraste de phase. Elle permet d’éclairer les structures qui émettent des quantités plus élevées de lumière.

Le scientifique pense que les aragonites émanent de la bouche de l’animal lui-même. Le tardigrade aurait pu les avaler lors de sa dernière mue.

En effet, la longue bouche tubulaire des oursons d’eau est dotée d’une paire de dents en forme de cristaux appelées stylets. Ces derniers sont exclusivement constitués d’aragonite. Les tardigrades s’en servent pour percer des plantes et des petits invertébrés.

Par ailleurs, des cas de cannibalisme ont déjà été rapportés chez les tardigrades. Cependant, Martín-Ledo rejette cette possibilité. « Les tardigrades, qui sont des prédateurs, se nourrissent en aspirant les fluides corporels des rotifères, des nématodes, des ciliés, etc. », a-t-il expliqué. « Donc je ne pense pas qu’il y ait la moindre possibilité qu’il mange d’autres tardigrades. »

« Quand j’ai vu des éléments cristallins à l’intérieur de son ventre, j’ai supposé que ce sont des morceaux de cristaux d’aragonite qu’il a avalés », a-t-il ajouté.

Une étude scientifique est nécessaire pour en savoir plus

Kazuharu Arakawa, biologiste moléculaire à l’Université Keio, au Japon, s’est plutôt montré sceptique vis-à-vis de l’hypothèse avancée par Martín-Ledo. « L’appareil buccal est généralement éjecté pendant la mue, et l’appareil buccal de qualité tardive ne permet pas la consommation directe de structures chitineuses », a-t-il déclaré à ScienceAlert.

Pour lui, ce n’est pas certain que ces choses brillantes et étranges sont des aragonites. « Je ne peux rien évaluer sans publication scientifique », a-t-il poursuivi.

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