Il est désormais possible de recharger son téléphone avec son urine

L’urine peut servir à pas mal de choses, et notamment à recharger son smartphone. C’est en tout cas ce que prouve l’expérience surprenante menée par le centre de bioénergie de Bristol.

Tout a commencé en 2015 lorsque ces mêmes chercheurs ont mis au point des toilettes éclairées avec de l’énergie générée à partir de l’urine humaine. Après plusieurs années de recherches et d’expérimentations, ils ont fini par mettre au point une batterie capable de récupérer cette énergie pour alimenter des appareils électroniques. Comme des smartphones.

Urinoir 2.0

Les urinoirs peuvent aussi générer de l’énergie.

Jonathan Winfield, le directeur adjoint du centre, a profité d’une entrevue menée par Euronews pour revenir plus en détail sur le processus.

Recharger son téléphone avec son urine

Lorsque l’urine est déversée dans l’urinoir, elle n’est pas directement acheminée vers le système d’évacuation des eaux usées. En réalité, elle transite d’abord par une boîte placée derrière le mur où se trouve l’urinoir.

Cette boîte renferme plusieurs chambres habitées par des bactéries. Ces dernières vont se nourrir de l’urine et produire de l’hydrogène et des molécules carbonées, des molécules capables de générer des électrons.

La boîte contient un circuit supplémentaire, un circuit capable de récupérer ces fameux électrons et de les transformer en électricité. Grâce à ce procédé, cette fameuse boîte est donc capable de recharger un appareil électronique branché sur la prise dédiée. D’après les tests effectués par les chercheurs, il suffirait de six centilitres d’urine pour recharger une batterie de téléphone pour six heures… ou trois heures en communication.

Les chercheurs ont mené plusieurs tests grandeur nature et ils ont notamment installé plusieurs de ces urinoirs dans les allées du festival de Glastonbury, un festival qui a accueilli un peu plus de 175 000 personnes en l’espace de moins d’une semaine. L’expérience a été concluante.

Un système fiable et peu coûteux

Cerise sur le gâteau, ces fameuses bactéries ne se contentent pas de produire de l’électricité à partir de notre urine. Le procédé a aussi pour effet de nettoyer l’urine. Le double effet Kiss Cool, donc.

Loannis Leropoulos, le directeur du centre de bioénergie de Bristol, pense que ces toilettes pourraient grandement faciliter l’accès à l’énergie dans les régions les plus pauvres ou même dans les camps de réfugiés et dans les bidonvilles. D’autant que le système ne coûte pas très cher à mettre en place. Le prix moyen d’une pile à bactérie se situe en effet autour de 1,15 €.

Fait intéressant, Bill Gates lui-même s’est montré très intéressé par ces urinoirs et il compte ainsi en installer plusieurs dans les camps de réfugiés en Afrique.

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