Cet homme parcourt le monde bénévolement pour combler les lacunes de Google Street View

Il s’appelle Tawanda Kanhema et est originaire du Zimbabwe. Passionné de technologie, il s’est installé aux États-Unis dès 2009 et travaille principalement comme chef de produit dans la Silicon Valley et accessoirement, comme photographe indépendant. Comme Google Maps, le service de cartographie de Google, est devenu une référence en matière de géolocalisation, Kanhema, pris de curiosité, a eu l’idée de voir sa ville natale le Google Street View, un service de Google qui permet de voir les rues et les ruelles ou même d’identifier certains endroits.

Souhaitant visiter virtuellement sa ville natale, Kanhema a ainsi tapé Harare, la capitale du Zimbabwe dans la barre de recherche, mais que fût sa surprise en découvrant que le service n’avait pas d’informations à délivrer sur cette ville d’Afrique australe qui compte quand même plus de 14 millions d’habitants. Approfondissant ses recherches, Kanhema découvrit que plusieurs villes africaines n’étaient pas disponibles dans Street View.

Pire encore, si beaucoup de villes et de pays occidentaux étaient visibles, seule une poignée de pays africains l’étaient.

Google assume ses lacunes

Face à cette lacune difficilement contestable, Google reconnaît qu’il n’a « cartographié en grande partie » que 87 pays sur 200 depuis 2007, rapporte le site d’informations Wamu.

Le géant de la recherche a mis la priorité sur les zones telles que les États-Unis et l’Europe qui sont bien détaillés dans Street View. On voit même chaque détail de la ville de Paris et de New York dans le service.

Néanmoins, ce n’est pas le même cas lorsqu’il s’agit de régions situées en Afrique, en Antarctique ou en Asie centrale. Pour expliquer cette différence de traitement, Stafford Marquardt, le chef de produit de Street View a expliqué que le service commence « dans les grandes régions métropolitaines où nous savons que nous avons des utilisateurs ». Mais Kanhema n’est pas de cet avis. C’est pourquoi il a décidé de combler ces lacunes en allant lui-même parcourir le monde pour ajouter des informations et des photographies sur les zones manquantes.

Kanhema rejoint le programme de contribution de Google et parcourt le Zimbabwe

Il est fréquent que Google fasse appel à des bénévoles pour contribuer à l’expansion de son service. Pour ce faire, ces derniers peuvent soit emprunter des appareils photo à l’entreprise soit prendre des photos à partir de leur propre appareil. Toutefois, le géant de la recherche ne rémunère pas les bénévoles, Kanhema compris.

À la place, l’entreprise les considère comme des « contributeurs » et elle leur renvoie l’ascenseur par d’autres moyens, par exemple, en leur donnant gratuitement accès à une plateforme d’hébergement capable d’accepter des gigaoctets ou même des téraoctets d’images et de les publier n’importe où dans le monde.

Dans le cas particulier de Kanhema, celui-ci a demandé en 2018 à utiliser un appareil photo à 360 degrés pour réaliser sa mission. Il a déjà parcouru plusieurs endroits du Zimbabwe comme le fleuve Zambèze ou encore un parc national. La majeure partie de son temps, le bénévole parcourt les rues de Harare et les autoroutes qui relient les principales villes du Zimbabwe.

Bien que Kanhema déclare avoir déjà dépensé près de 5.000 dollars de sa poche pour financer son périple, il ne prévoit pas d’arrêter mais envisage même d’étendre sa route au Groeland, en Alaska ou, peut-être en Mozambique.