Il n’y a pas d’âge pour être victime de revenge porn

Le Royaume-Uni a engagé une lutte sans merci contre le revenge porn. Le pays a procédé à de nombreuses arrestations au fil de ces dernières semaines et il vient de publier quelques chiffres particulièrement éloquents. Sur les centaines de cas recensés depuis ces derniers mois, l’âge moyen des victimes était de 25 ans et les plus jeunes avaient à peine 11 ans.

Les premiers cas de revenge porn remontent aux années 80, bien avant la démocratisation d’internet. Le magazine Hustler proposait à l’époque une rubrique mensuelle présentant des images de femmes nues, des images envoyées par ses lecteurs.

Revenge Porn UK

Le Royaume-Uni a donné quelques chiffres au sujet des cas de revenge porn recensés dans le pays.

Ces photos étaient souvent accompagnées d’informations portant sur l’identité de sa femme, comme ses hobbies ou même ses préférences sexuelles. Parfois, il arrivait même que son nom soit publié.

Le revenge porn trouve ses origines dans les années 80

Toutefois, les femmes présentées sur ces images n’avaient pas toutes donné leur accord et Hustler a du faire face à plusieurs procès. Le magazine a fini par reconnaître ses torts et par mettre un terme à cette initiative.

Le revenge porn a alors disparu de nos radars pour réapparaître quelques années plus tard, en 2010.

C’est en effet à cette épique que Hunter Moore a lancé le site Is Anyone Up, un site présentant des contenus pornographiques soumis par les internautes. Les médias ont commencé à en parler et les autorités américaines ont oeuvré afin de faire fermer le site. Là encore, la plupart des personnes apparaissant sur ces contenus n’avaient pas donné leur accord.

La Cyber Civil Right Initiative a ensuite lancé une campagne de prévention en 2012 et la plupart des géants du web ont mis en place des dispositifs afin de limiter autant que possible la publication et la propagation de ce genre de contenus.

Entre temps, les gouvernements ont fait voter des lois afin de criminaliser le revenge porn. Les Etats-Unis ont été les premiers à le faire mais ils ont rapidement été suivis par le Royaume-Uni, l’Australie et la France. Un amendement à la loi de la cybercriminalité prévoit d’ailleurs une peine de deux ans de prison pour toutes les personnes s’adonnant à cette pratique.

Comme indiqué un peu plus haut, le Royaume-Uni a intensifié sa lutte contre ce phénomène et la BBC a publié dans la foulée quelques chiffres.

Le Royaume-Uni a enregistré 1 160 cas de revenge porn entre avril et décembre 2015

Entre avril et décembre 2015, le pays aurait ainsi enregistré 1 160 cas de revenge porn. Trois des victimes recensées étaient âgées de 11 ans et 30 % des infractions impliquaient des jeunes de moins de 19 ans.

La moyenne d’âge se situait autour des 25 ans.

Sur toutes les infractions signalées, 11 % ont entrainé la mise en accusation de leur auteur et 7 % une simple mise en garde. Dans 61 % des cas, aucune action n’a été entreprise contre l’auteur des faits, par manque de preuve ou à cause du retrait de la plainte.

Dans la plupart des cas, ces contenus ont été partagés sur Facebook (68 %), mais aussi sur Instagram (12 %) et Snapchat (5 %). Twitter et Whatsapp ferment le peloton.

Selon Laura Higgins, une employée de la Helpline Revenge Porn, les victimes les plus jeunes sont aussi celles qui ont le plus de difficultés à se remettre de la publication de ce type de contenus. Elles éprouvent souvent un sentiment de honte et de culpabilité qui porte directement atteinte à leur confiance et à leur estime de soi. La plupart des adolescentes touchées finissent d’ailleurs par avoir des idées suicidaires.

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