Il pleuvrait parfois des “champignons” sur Jupiter

Sur Jupiter les orages sont tellement forts qu’ils peuvent parfois entraîner des pluies de grêle riche en ammoniac que les scientifiques appellent “champignons”.

Grâce à de nouvelles observations faites par la sonde spatiale Juno de la NASA, les scientifiques en savent plus sur ce phénomène étrange qui se produit sur les géantes gazeuses comme Jupiter.

La planète Jupiter

Photo de Gustavo Ackles. Crédits Pixabay

Les nuages d’ammoniac de Jupiter

En survolant les sommets des nuages de Jupiter de près, Juno a permis aux scientifiques de voir quelque chose de surprenant : “de petits éclairs peu profonds provenant d’altitudes beaucoup plus hautes dans l’atmosphère de Jupiter qu’on ne le supposait auparavant”, explique dans un communiqué Heidi Becker, responsable de la surveillance des radiations de Juno au Jet Propulsion Laboratory de la NASA, en Californie.

Le point commun entre les orages sur Jupiter et sur la Terre, c’est que ce sont des phénomènes naturels qui font bouger l’eau dans les atmosphères des deux planètes. Depuis que la sonde spatiale Voyager de la NASA a observé de la foudre pour la première fois sur Jupiter en 1979, les scientifiques pensaient que les orages sur les deux planètes étaient parfaitement identiques. Mais les nouvelles observations de Juno révèlent un phénomène beaucoup plus complexe qui se déroule sur la géante gazeuse.

Sur Jupiter, les tempêtes sont si puissantes parfois qu’elles entraînent de la glace d’eau cristalline dans la haute atmosphère de la planète. A ces altitudes élevées, l’ammoniac agit comme un antigel pour abaisser le point de fusion de la glace d’eau et permettre la formation de nuage à partir d’un liquide composé d’eau et d’ammoniac.

“Dans ce nouvel état, des gouttelettes de liquide ammoniac-eau peuvent entrer en collision avec les cristaux de glace d’eau ascendants et électrifier les nuages. Ce fut une grande surprise, car sur Terre il n’existe pas de nuage ​​ammoniac-eau”, affirme Heidi.

Les pluies de « champignons » de Jupiter

Une étude en deux parties dirigée par Tristan Guillot, co-chercheur pour Juno à l’Université de la Côte d’Azur à Nice, France, explique en détail les pluies de « champignons » et la teneur en ammoniac sur Jupiter. D’après cette étude, lorsque les cristaux de glace se combinent avec l’ammoniac dans l’atmosphère de Jupiter, l’ammoniac crée un effet «antigel» et transforme l’ammoniac de la glace en liquide. Ce qui fait tomber la grêle riche en ammoniac, appelée “champignons”.

En tombant dans la basse atmosphère de Jupiter, les champignons entraînent de l’ammoniac et de l’eau avec eux avant de finalement s’évaporer dans les températures plus chaudes. “Cela explique pourquoi le radiomètre micro-onde de Juno n’en détecte pas beaucoup à ces endroits”, a déclaré Guillot dans le communiqué de la NASA.

Les scientifiques espèrent que ces nouvelles données les aideront à mieux comprendre le fonctionnement des planètes géantes gazeuses comme Jupiter.

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