Il se passe de drôle de choses du côté de la calotte glaciaire de l’Arctique russe

Les scientifiques ont repéré des flux de glace qui sont comme des cours d’eau gelés au milieu des nappes glaciaires situées dans le désert glacial de l’Arctique en se basant sur des données satellitaires.  Ces ruissellements se rejoignent et semblent former une sorte de rivière de glace qui s’achemine dans l’océan. Il s’agit d’un phénomène que les chercheurs n’avaient encore jamais vu auparavant.

D’ailleurs, jusqu’ici, ils ne sont pas encore à même d’en expliquer clairement l’origine.

Une photo de l'Arctique

Crédits Pixabay

Ces ruissellements de glace ressemblent à des inondations gelées. Selon les chercheurs, une fois établis, ils peuvent durer des décennies. Dans une nouvelle étude, une équipe de glaciologues a proposé une théorie qui tend à expliquer le phénomène par les impacts du réchauffement climatique.

Les scientifiques pensent qu’il est lié à un évènement à plus court terme.

Les résultats de l’étude ont été publiés le 21 novembre dans la revue Geophysical Research Letters.

Une vitesse exceptionnellement élevée et durable

« Si vous regardez les images satellites, il semble que toute l’aile ouest de la calotte glaciaire se jette dans la mer », a déclaré Whyjay Zheng, un spécialiste des sciences de la Terre de l’Université Cornell et principal auteur de l’article. « Personne n’a jamais vu cela auparavant. »

Le glacier est une partie de glace qui se détache de la calotte glaciaire et se précipite vers l’océan. Les chercheurs pensent que l’émergence d’un courant de glace de longue durée a pu être provoquée par un glacier ayant débuté en 2013 dans l’Arctique russe.

« Après la poussée initiale en 2013, le glacier conserve encore un débit rapide d’environ 1,8 km par an, ont écrit les auteurs de la nouvelle étude. C’est “une vitesse exceptionnellement élevée et durable pour une montée de glacier », ont-ils écrit.

Des liens avec le changement climatique ?

Auparavant, les experts considéraient les poussées comme des manifestations normales  de cycles de croissance et de rétrécissement des calottes glaciaires. Ils pensaient que les parties affectées allaient facilement se reconstituer.

Actuellement, ils envisagent la possibilité que le courant de glace puisse avoir un lien avec les poussées glaciaires. Ils pensent également que ces évènements pourraient avoir un lien avec les effets du réchauffement climatique.

La calotte glaciaire a déjà perdu 11% de sa masse. Ce taux équivaut à environ 10,5 milliards de tonnes (9,5 milliards de tonnes métriques) de glace.

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