Il se passe de drôles de choses dans cet amas d’étoiles proche de la Terre

Percer les secrets de l’Univers n’est décidément pas de tout repos. Les chercheurs et astronomes découvrent tout le temps de nouvelles choses… mais ne les comprennent pas forcément ! La dernière découverte en date concerne un amas d’étoiles proche de notre système solaire.

Mercredi 24 mars, l’Agence Spatiale européenne (ESA) a annoncé que le télescope spatial Gaia a détecté un phénomène très étrange au sein de l’« amas ouvert des Hyades ». Il s’agit d’un amas d’étoiles qui se trouve à « seulement » 153 années-lumière de notre belle planète.

Crédits Pixabay

Menés par l’astronome Tereza Jerabkova, les chercheurs de l’ESA ont en effet découvert la présence d’une mystérieuse attraction gravitationnelle qui déchire l’amas d’étoiles. 

Mais que se passe-t-il au juste ?

Avant tout, il faut savoir que les amas d’étoiles se traduisent par une concentration dense et serrée d’étoiles. Les interactions gravitationnelles entre les différents corps célestes sont donc inévitables, mais le phénomène récemment observé par le télescope Gaia n’en reste pas moins bizarre.

Elle montre en effet que l’amas ouvert des Hyades est anormalement « déchiré » au niveau de l’une de ses « queues de marée ». Il s’agit de l’extrémité de l’amas qui en possède deux. Il se trouve que l’une d’entre elle serait en train de « perdre » des étoiles.

« Il a dû y avoir une interaction étroite avec une masse vraiment imposante, et les Hyades viennent de se faire écraser », a indiqué Tereza Jerabkova dans l’étude consacrée au phénomène et qui a été récemment publiée dans la revue  Astronomy & Astrophysics.

Avec ses collègues, Jerabkova a avancé que cet intrigant phénomène pourrait avoir été causé par un amas de matière noire invisible situé non loin des Hyades. Ils ont sont venus à cette conclusion en étudiant une carte détaillée en 3D de la Voie lactée que le télescope Gaia est parvenu à faire.

Une découverte passionnante !

Pour Tereza Jerabkova et ses collègues de l’ESA, cette découverte pourrait représenter un excellent point de départ pour en savoir davantage sur les sources d’interactions gravitationnelles mystérieuses. Les travaux seront d’autant plus passionnants, car l’utilisation de Gaia offre de nombreuses possibilités, comme l’explique Jerabkova : « avec Gaïa, la façon dont nous voyons la Voie lactée a complètement changé […] Et grâce à ces découvertes, nous serons en mesure de cartographier les sous-structures de la Voie lactée bien mieux que jamais. »

C’est avec enthousiasme qu’elle et ses collègues poursuivent leurs recherches concernant le cas des Hyades. Pour l’instant, les premiers résultats suggèrent que la queue de marée pourrait être entrée en collision avec un nuage de matière pesant dans les 10 millions de masses solaires. Cette piste reste toutefois encore à vérifier et les astronomes de l’ESA se penchent sérieusement dessus.