Il se passe quelque chose de bizarre avec l’Etoile du Nord

L’Étoile du nord, aussi connu comme l’étoile Polaire, nous accompagne depuis des siècles. Autrefois, les marins l’utilisaient même comme repère pour trouver plus facilement leur route à travers les mers et les océans. Et il se passe visiblement des choses bizarres la concernant.

L’étoile Polaire, de son vrai nom Alpha Ursae Minoris, est située dans la constellation de la Petite Ourse.

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Peu de gens le savent, mais les étoiles polaires sont amenées à changer.

Alpha Ursae Minoris, une étoile qui nous accompagne depuis longtemps

À l’origine, ce que l’on nomme étoile polaire, c’est tout simplement l’étoile qui donne l’impression de ne jamais bouger pour un observateur situé sur la planète concernée. Et à l’heure actuelle, ce rôle revient à Alpha Ursae Minoris, aussi désignée par le nom de Polaris.

Toutefois, dans la réalité, aucune étoile n’est fixe. La direction de l’axe de rotation des objets célestes évolue en permanence au fil des millénaires et il viendra donc à temps où Alpha Ursae Minoris ne sera plus considérée comme l’étoile Polaire. Et bien sûr, nous ne serons plus là pour le voir.

En moyenne, l’axe de rotation varie sur une période de 26 000 ans.

À terme, donc, Alpha Ursae Minoris devra céder sa place à d’autres étoiles, mais cela ne la rend pas moins intéressante pour autant. Des chercheurs viennent ainsi de publier une étude en son honneur, une étude qui révèle un étonnant phénomène.

Polaris n’est pas la seule étoile de son système

Personne n’arrive à calculer avec précision la taille ou la distance de l’étoile.

À l’origine, lorsque des astrophysiciens tentent de déterminer ces données, ils s’appuient sur des méthodes comme le modèle d’évolution stellaire.

En étudiant la luminosité, la couleur ou encore le niveau de pulsation d’une étoile, les scientifiques peuvent en effet évaluer sa taille et la distance à laquelle elle se trouve de notre propre monde. La méthode a fait ses preuves et elle nous a permis de récolter de nombreuses informations au sujet des étoiles situées dans les systèmes stellaires autour du nôtre.

Logiquement, cette méthode est encore plus facile à appliquer pour les étoiles qui bougent peu comme Alpha Ursae Minoris. Mais voilà, cette étoile n’est pas la seule de son système. Elle a également une soeur, désignée par les astrophysiciens comme Polaris B. Plus compliqué encore, Polaris est en réalité un binaire astrométrique et son étoile soeur est donc visible lorsqu’elle tourne autour d’elle, à raison d’un passage tous les vingt-six ans.

Pour tenter de faire toute la lumière sur Polaris, les chercheurs ont donc appliqué les lois de la gravité de Newton et ils les ont combinées avec les informations capturées par Hubble. Et c’est là que les choses se sont corsées. En compilant leurs résultats, ils ont en effet réalisé que Polaris était censée faire 3,45 fois la masse du soleil. Un résultat qui ne concorde pas avec les modèles établis, des modèles qui indiquent pour leur part que l’étoile doit faire environ sept fois la masse du Soleil.

Des résultats qui ne concordent pas avec nos modèles

Mais il y a mieux. En analysant le système, les chercheurs ont aussi réalisé que Polaris B est censée être plus âgée que Polaris. Une fois encore, cela ne concorde pas avec nos modèles. En règle générale, les étoiles d’un système binaire se forment plus ou moins au même moment et elles sont donc censées avoir le même âge.

Il y a donc quelque chose qui cloche au sujet de Polaris et nous ne sommes malheureusement pas prêts de faire toute la lumière sur l’étoile. Elle est en effet beaucoup trop brillante pour nos télescopes. Lorsque ces derniers tentent de l’observer, ils sont donc comme aveuglés.

En attendant, la seule hypothèse avancée par les chercheurs, c’est que Polaris a capturé d’une manière ou d’une autre l’étoile d’un autre système. Polaris B ne serait donc pas sa soeur, mais une étoile vagabonde. Reste que ce point doit encore être prouvé, ce qui risque d’être assez difficile à faire.

Mots-clés astronomie