Il y a 7000 ans, nos ancêtres ont tenté de se protéger contre la montée des mers, mais ça n’a pas très bien fonctionné

Il y a de cela 7000 ans, la Terre était en train de sortir d’une période de refroidissement global, ce qui a causé la montée du niveau de la mer Méditerranée de 4 à 7 mm par an. C’est un changement assez conséquent qui a été perceptible pour les populations, particulièrement pour ceux qui vivaient sur la côte.

Plus récemment, des archéologues ont trouvé des preuves montrant que les habitants d’une colonie néolithique au large de la côte du Carmel en Israël avaient effectivement remarqué cette montée des eaux. Ils ont ainsi essayé de se protéger en construisant un mur côtier.

Crédits Pixabay

La découverte des archéologues a été publiée le mercredi 18 décembre dernier dans le journal PLOS ONE. D’après les explications d’Ehud Galili, premier auteur de l’article, il n’existe aucun document sur cette construction, car à l’époque, il n’y avait pas d’écriture.

Toutefois, on a des preuves de l’existence de ces communautés et de ces sociétés ayant vécu sur la côte et qui, actuellement, sont sous la mer.

Une protection éphémère

Le mur construit il y a 7000 ans fait partie d’un site archéologique sous-marin dénommé Tel Hreiz qui a été découvert pour la première fois dans les années 60. Aujourd’hui, il est considéré comme étant la plus vieille barrière côtière artificielle jamais construite. Pour Galili, la structure montre que le site archéologique de Tel Hreiz était capable de s’adapter à un problème auquel beaucoup de zones côtières font face, même si au final, ils ont échoué.

Selon Galili, les habitants de l’époque étaient assez résilients pour évaluer les risques et réaliser que quelque chose était en train de se passer, et qu’il fallait réagir. Il a ajouté que la barrière a peut-être pu fonctionner pendant quelques décennies, mais comme le niveau de la mer a continué à monter, les habitants de la colonie ont finalement été forcés de l’abandonner. Aujourd’hui, cette colonie se trouve à 3 à 4 m sous la mer.

Ce qui est resté du mur

Pour ce qui est du mur en question, les vestiges sont constitués d’une série de gros rochers arrondis qui pèsent entre 200 et 1000 kg chacun. La rangée de rochers s’allonge sur une distance de 100 m. D’après l’étude, la taille de ces blocs de rochers, ainsi que le fait que la source de matériel la plus proche se trouvait à un kilomètre de là, indique qu’il n’était pas possible de les déplacer en étant tout seul. Les habitants avaient ainsi dû travailler en groupe et peut-être aussi utilisé des bœufs. Près du mur, les plongeurs ont également retrouvé des tas de poteaux en bois, des ossements d’animaux et des bols en bois.

En mesurant le taux d’éléments de carbone radioactif dans les poteaux en bois, les os, et les bols, les chercheurs ont pu obtenir plusieurs résultats qui indiquaient tous 7000 ans. De plus, Galili a indiqué que les styles du bol et de la poterie retrouvée près du mur ont pu fournir des datations culturelles qui ont renforcé leurs estimations.

A l’époque néolithique, la montée des océans était causée par le phénomène géologique naturel d’une période interglaciaire suivant une ère glaciaire. Aujourd’hui, les preuves sont là pour montrer que l’élévation du niveau de la mer au niveau mondial est causée par les activités humaines. Déjà, on peut constater que des endroits comme la Nouvelle Orléans, Venise ou encore Tuvalu sont en train de couler, et le prix à payer pour pouvoir se protéger des inondations côtières à l’aide d’infrastructures est estimé à près de 18,3 trillions de dollars.

Mots-clés histoire