Il y a 9 millions d’années, des cousins du rhinocéros parcouraient le Nord-Ouest du Canada

Une étude récemment publiée évoque le passage des animaux voisins des rhinocéros dans le Yukon, un territoire sauvage du nord-ouest du Canada, il y a à peu près huit à neuf millions d’années.

Si l’on remonte dans l’histoire, les os fossilisés et les dents qui ont fait l’objet de l’étude ont été découverts il y a quarante-six ans par Joan Hodgins et ses étudiants lors d’une randonnée ayant eu lieu à Yukon.

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Mais grâce à l’évolution de la technologie, une équipe dirigée par Jaelyn Eberle, conservateur des vertébrés fossiles au Musée de l’histoire naturelle de l’Université du Colorado à Boulder, a pu révéler que ces fossiles et ces dents appartenaient à des animaux de la même famille que les rhinocéros.

Une migration rendue possible par le passage de Béring

Grant Zazula, un membre de l’équipe d’Eberle, a souligné que le musée dispose « des camions chargés de fossiles de mammifères de l’ère glaciaire…», mais que « c’est la première fois qu’ils ont des preuves de mammifères anciens, tels que les rhinocéros, antérieurs à l’âge de glace. »

Selon les paléontologues, le fait que les restes de ces animaux ont pu être retrouvés à Yukon peut s’expliquer par l’existence d’un pont reliant la Russie et l’Alaska, permettant ainsi l’immigration des animaux à l’époque. C’est le fameux passage du Béring.

D’ailleurs, bon nombre d’espèces animales se sont retrouvées puis ont évolué sur le continent américain après avoir traversé ce pont de glace.

Un cousin des rhinocéros africains, sans la corne

Les résultats des recherches décrivent à peu près le physique des animaux propriétaires des dents. Ainsi, ces mammifères semblent avoir une taille égale ou inférieure à celle des rhinocéros noirs, et sont dépourvus de cornes.

Comme tous les autres mammifères herbivores, ils se nourrissent également de feuilles ou d’herbes.

Cependant, en étudiant l’émail des dents fossilisées de l’animal, la détermination de l’espèce à laquelle celui-ci appartient s’avère encore difficile.

Pour Eberle, ce résultat lui donne encore plus envie de faire d’autres recherches parmi les collections oubliées et gardées par le musée.

Joan Hodgins, celle qui a découvert ces restes fossilisées il y a presque cinquante ans, quant à elle n’attend que de voir l’exposition des fossiles en admettant que : « C’est tellement merveilleux d’apprendre ce qui s’est passé il y a très longtemps ».

Mots-clés paléontologie